Pourquoi Vladimir Poutine a-t-il repoussé son allocution à ce mercredi matin?

Vladimir Poutine à la télévision russe le 21 septembre 2022.  - BFMTV
Vladimir Poutine à la télévision russe le 21 septembre 2022. - BFMTV

Mardi soir, le Kremlin a fixé rendez-vous à son peuple et au monde pour une allocution télévisée de Vladimir Poutine. Cette prise de parole était très attendue après que les républiques séparatistes du Donbass et les autorités des territoires occupés par les Russes dans l'est de l'Ukraine ont annoncé leur volonté d'organiser, dès vendredi, des référendums visant à leur rattachement à la Russie. Prévu pour 20h à Moscou - soit 19h à Paris - le discours a finalement été enregistré dans la soirée pour n'être diffusé que ce mercredi à 9h selon l'heure de la capitale russe (8h en France).

L'annonce de ce report, tombée sur les coups de 22h30, a surpris les observateurs, d'autant qu'elle ne s'accompagnait d'aucune explication. Il apparaît cependant ce mercredi matin que ce délai est dû à des considérations très pratiques: s'assurer que les Russes puissent tous être devant leur téléviseur à l'instant T.

Neuf fuseaux horaires

Ainsi, selon de premiers éléments, des proches du Kremlin, des politologues, et même des journalistes ont estimé que Vladimir Poutine s'est décidé pour une diffusion ce mercredi matin car il voulait être certain que tous les Russes soient réveillés. Or, neuf fuseaux horaires couvrent l'immense Fédération de Russie.

Ainsi, à 22h30 à Moscou, il était 5h30 à Vladivostok, à l'extrémité est du pays. Forbes Russia, s'appuyant sur les confidences de deux sources internes au Kremlin, a posé que l'allocution devait attendre que "l'Extrême-Orient se reveille".

Il faut dire qu'au vu du contenu de sa communication, Vladimir Poutine doit non seulement susciter l'attention de son opinion publique mais aussi son adhésion. Car c'est moins la question de l'organisation de quatre référendums dans l'est de l'Ukraine qui retient après sa déclaration que sa proclamation d'une "mobilisation partielle".

Jusqu'à 300.000 réservistes mobilisés

En effet, signe de l'escalade du conflit - et sans doute des difficutés des troupes russes à trouver du sang neuf -, le chef d'Etat a lancé: "Il est nécessaire de soutenir la décision et la proposition lancée par le ministère de la Défense, de mettre en place une mobilisation partielle. Seuls les citoyens se trouvant sur les listes de réserve seront mobilisés."

Et la bascule de cette politique de recrutement est immédiate. "La date du départ de cette mobilisation est aujourd’hui, le 21 septembre", a signalé Vladimir Poutine, promettant: "Les appelés auront les mêmes avantages et privilèges que les militaires contractuels".

Le renfort est d'importance. D'après le chiffre avancé ce mercredi matin par le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgu, dans un entretien télévisé, ce sont "300.000 réservistes" qui seront appelés sous les drapeaux. Ce qui porterait le contingent des envahisseurs à 2,3 millions de soldats déployés en Ukraine. Pour beaucoup de Russes, le réveil a probablement eu des airs de cauchemars éveillés.

Article original publié sur BFMTV.com