Pourquoi le vaccin de Pfizer n'aurait finalement pas besoin d'être stocké à -70 °C

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Le gros bémol du vaccin annoncé par BioNTech et Pfizer, ce sont les conditions drastiques de sa conservation. Le vaccin repose en effet sur l’ARN messager (ARNm) constitué d’un seul brin, et qui est sensible aux enzymes qui découpent l’ARN (les ribonucléases), omniprésentes dans le sang. Pour le protéger, l’ARNm est donc encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, qui l’aident également à s’introduire dans la cellule. Sauf que ces nanoparticules sont conçues pour se dégrader progressivement, afin de ne pas causer de dommages à l’organisme. L’ARNm est d’ailleurs lui-même susceptible de se dégrader progressivement au sein de la nanoparticule. De fait, le vaccin doit être impérativement maintenu à température constante de -70 degrés, soit environ quatre fois plus froid qu'un congélateur normal.

Comment fonctionne un vaccin à ARN ?

Une contrainte énorme, qui suppose l'emploi de conteneurs spéciaux, et un vrai défi logistique. Pour conserver la chaîne du froid, il faut ajouter constamment de la glace carbonique, un produit inscrit sur la liste des produits dangereux à bord des avions. Une fois acheminées, les doses devront être stockées dans des entrepôts spéciaux, dont ne disposent pas de nombreux hôpitaux et pharmacies. Le gouvernement français affirme ainsi avoir déjà acheté 50 « supercongélateurs », munis d’alarmes et entreposés dans des endroits sécurisés. Il n’empêche que tout ceci constitue un désavantage concurrentiel notoire pour le laboratoire par rapport à ses concurrents. Par comparaison, le vaccin de Moderna reste stable entre 2 °C et 8 °C, la température d’un réfrigérateur standard ou médical, pendant 30 jours.

Le vaccin de Pfizer et BioNTech nécessite d’être conservé à -70 °C. © marchsirawit, Adobe Stock
Le vaccin de Pfizer et BioNTech nécessite d’être conservé à -70 °C. © marchsirawit, Adobe Stock

Une conservation à -70 °C, un excès de précaution ?

Pourtant, cette contrainte des -70 °C, voire -80 °C, serait largement superflue, si l’on en croit plusieurs avis de spécialistes. D’abord, le vaccin de Pfizer supporterait -20 °C pendant quinze jours et...

> Lire la suite sur Futura