Pourquoi les théories du complot ont-elles flambé après l'incendie de Notre-Dame ?

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Comment expliquer l'ampleur du phénomène ? Franceinfo a interrogé Fabrice Epelboin, spécialiste des réseaux sociaux.

Il n’a pas fallu attendre longtemps avant de voir jaillir les premières théories du complot après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame, lundi 15 avril. Un incendie volontaire, un attentat, un coup monté du gouvernement... autant d'hypothèses qui ont circulé sur les réseaux sociaux quelques heures après le sinistre.

L'ampleur du phénomène, qui perdure plus d'une semaine après les images spectaculaires du brasier, est-elle propre à cet événement ? Que disent ces théories de notre société ? Fabrice Epelboin, professeur à Sciences Po Paris, spécialiste des réseaux sociaux et de leur rôle dans la crise des "gilets jaunes", apporte son éclairage à franceinfo.

Franceinfo : Comment explique-t-on l'émergence de théories du complot comme celle qui accuse un pompier avec une chasuble jaune d'être un "gilet jaune" ?

Fabrice Epelboin : On constate une dimension traumatique qui joue beaucoup dans ce processus. L’émotion provoquée par l’événement pousse à l'irrationalité. C’est un phénomène d’emballement et, la plupart du temps, c’est de la panique. On perçoit aussi la colère sous-jacente de ces derniers mois, avec la crise inédite des "gilets jaunes".

Et puis, on constate forcément un lien avec la religion. La cathédrale de Notre-Dame étant un symbole de la chrétienté en France, il fallait s’attendre à ce qu’une frange complotiste accuse les autres religions, l’islam et le judaïsme, d'être derrière cet incendie. Je pense à (...)

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