Pourquoi tant d'hommes décident-ils de se suicider?

Pourquoi tant d'hommes décident-ils de se suicider?

De nouvelles recherches montrent que les injonctions à être un «vrai homme» portent préjudice à la santé mentale.

Selon les dernières données sur le suicide fournies par les Centers for Disease Control and Prevention américains (CDC), 77% des 45.000 personnes qui se tuent chaque année aux États-Unis sont des hommes. De même, d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les hommes meurent davantage par suicide que les femmes partout dans le monde, avec un ratio compris entre 1,5 pour 1 et 3 pour 1--ce qui en fait une majorité des plus de 800.000 personnes qui se donnent la mort chaque année. D'un point de vue mondial, les suicides comptent pour la moitié des morts masculines violentes.

Pour des raisons évidentes, les motifs qui poussent quelqu'un à se supprimer sont compliquées à réduire à un objet d'étude. Mais si nous voulons tenter de réduire le taux de suicide, il faut savoir pourquoi il touche majoritairement des hommes.

Un registre émotionnel défaillant

Dans une enquête organisée par mon association Promundo et conduite auprès de 1.500 jeunes hommes âgés de 18 à 30 ans, avec le soutien de la marque Axe, nous avons découvert que près d'un sondé sur cinq avait pensé au suicide au cours des deux semaines passées.

Les plus sujets à ce genre de pensée sont ceux pour qui être un homme signifie montrer que l'on est fort, ne pas parler de ses problèmes et refouler ses émotions: ceux-là sont deux fois plus susceptibles d'avoir envisagé de mettre fin à leurs jours.

Des études menées dans d'autres pays ont obtenu des résultats approchants: les hommes qui ont les idées les plus contraignantes de la masculinité présentent davantage de risques d'avoir des idées suicidaires que ceux qui ne sont pas aussi coincés dans une «virilité forcée».

En tant qu'hommes, nous ne possédons souvent même pas les mots qui permettraient d'exprimer ou de comprendre nos émotions.

Être un homme aux États-Unis, et dans le reste du (...) Lire la suite sur Slate.fr