Pourquoi Les Républicains veulent passer la barre des 120.000 adhérents

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Au siège du parti Les Républicains (LR), le 19 octobre 2021, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Au siège du parti Les Républicains (LR), le 19 octobre 2021, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Le soulagement est perceptible sur les bancs de la droite. Alors que le nombre d'adhésions a dépassé les 110.000, la direction vise encore plus haut et espère bien attendre les 120.000 militants. Avec un modèle étonnant: la primaire Europe-Écologie Les verts.

"Tout le monde nous croyait mort et là, on a presque des airs de ressuscité" lâche, soulagé, un membre du bureau exécutif des Républicains. Les chiffres ont en effet de quoi donner le sourire rue de Vaugirard. Depuis l'annonce d'un congrès qui va permettre aux LR d'investir leur champion pour 2022 le 4 décembre, les adhésions des militants sont en très nette hausse.

"Ne pas pouvoir faire moins" que les écologistes

"On est sur un rythme de croisière entre 1000 et 1500 par jour qui a permis de passer de 78.000 à 110.000 les personnes à jour de cotisation. On est train de reconstituer un vrai parti politique", se félicite Théo Michel, membre du bureau politique des Républicains, auprès de BFMTV.com

"On vise un chiffre maintenant: les 120.000. C'est un peu notre martingale", lâche un membre de l'équipe de Valérie Pécresse. Ce nombre de votants correspond très exactement à celui de la primaire écologiste.

"Ils se sont quand même très bien débrouillés dans cette affaire. D'une structure qui compte à peine quelques milliers d'adhérents, additionnés aux micro-partis de Delphine Batho ou Génération.s avec des candidats que personne connaissait... Nous, on a quand même des ministres, on avait des dizaines de milliers d'adhérents. Très vite, on s'est dit qu'on ne pouvait pas faire moins", lâche un poids lourd de la droite sénatoriale auprès de BFMTV.com.

En filigrane, une angoisse apparaît, celle d'un échec à mobiliser les sympathisants de la droite, tiraillés entre Emmanuel Macron pour les plus centristes, et Éric Zemmour pour les plus droitiers.

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"Au moins un million de votants avec une primaire ouverte"

"Cette volonté de passer devant les écologistes revenait beaucoup dans les discours en septembre. On n'avait peur de ne pas y arriver", résume plus simplement Théo Michel.

Et pour cause. En 2007, pour la première campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, le parti comptait 370.000 militants. De quoi faire relativiser les chiffres atteints ces derniers jours. Voire même de constituer un argument en faveur de certains candidats au congrès qui, comme Michel Barnier et Valérie Pécresse, plaidaient pour une primaire ouverte.

"On aurait eu au moins un million de votants si on l'avait mise en place. C'est un outil de mobilisation plus large", estime l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux. Le député européen tâche toutefois de faire contre mauvaise fortune bon coeur. "Ces chiffres sont des signaux encourageants. Ça montre que les militants, souvent très désabusés, reviennent", estime le politique.

Empêcher toute manipulation sur les adhésions

"On assiste toujours à un retour de flamme avant l'élection présidentielle. Les militants, les sympathisants ont envie de participer à écrire notre histoire politique", relativise, elle, la députée Constance Le Grip.

Conscient de l'importance de capitaliser sur cette bonne séquence politique, l'état-major du parti a veillé à contrôler très drastiquement les adhésions. Pas question de risquer d'éventuelles accusations de manipulation de vote parmi les perdants.

Au menu, l'impossibilité d'adhérer plus de quatre fois avec la même carte bancaire pour éviter tout risque d'adhésion multiple par la même personne. Autre procédé utilisé, l'envoi par texto d'un code secret au moment du vote sur le numéro de portable indiqué lors de l'adhésion par le militant.

La campagne des adhésions prendra fin le 15 novembre.

Article original publié sur BFMTV.com

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