Pourquoi les professionnels du BTP bloquent les dépôts pétroliers

Paul Guyonnet / avec AFP
Depuis vendredi 29 novembre, des professionnels du BTP bloquent des dépôts pétroliers dans l'ouest de la France, pour protester contre la suppression d'un avantage fiscal. 

CARBURANTS - Une pénurie qui se propage. Depuis vendredi 29 novembre, des stations-service bretonnes se retrouvent à court de carburant, la faute au blocage de plusieurs dépôts pétroliers dans l’ouest du pays. Ce lundi 2 décembre au matin, plus de 300 stations étaient ainsi à sec en Bretagne, selon une carte tenue à jour par le Télégramme. Et la contagion gagnait les départements environnants (Mayenne, Sarthe, Pays-de-la-Loire, Charente-Maritime...). 

Or derrière cette situation réside une contestation politique: celle des “gilets orange”. Depuis des semaines, ces dirigeants de petites entreprises du milieu du bâtiment et des travaux publics s’opposent à une mesure contenue dans le projet de loi de finance pour 2020: la suppression de l’avantage fiscal du gazole non routier. Et encore, les intéressés démentent ce qualificatif: “Le GNR (pour gazole non routier, ndlr), une niche fiscale? Non, c’est l’énergie de notre outil de travail”, pouvait-on par exemple lire devant un dépôt bloqué, a rapporté le journal Ouest France

Ce carburant, qui sert notamment à faire fonctionner les engins de chantiers qu’ils utilisent au quotidien, verra son prix exploser si la disposition demeure dans la loi. De 80 centimes du litre, il s’envolerait à 1,40 euro, causant des frais supplémentaires remarquables pour tout le secteur. Pour des entreprises d’une demi-douzaine d’employés, certains patrons estiment le coût annuel à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Et selon les sources, sur l’ensemble du secteur, cela représenterait entre 750 et 900 millions d’euros de taxes supplémentaires. 

La crainte de voir disparaître le “gazole rouge”

Pour l’heure, le gouvernement a simplement proposé, en guise de compensation, un dispositif de suramortissement en cas d’acquisition d’engins ne fonctionnant pas au GNR. Mais le secteur dénonce une supercherie, étant donné qu’il n’existe qu’une offre infime d’engins électriques. 

Aussi, le milieu du BTP avance d’autres griefs: le fait que d’autres...

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