Pourquoi le président de la Conférence des évêques de France est-il convoqué par Darmanin?

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L'archevêque de Reims, Eric de Moulins-Beaufort, ouvre une série de réunions publiques sur les abus sexuels dans l'église, à Reims le 15 septembre 2021 - FRANCOIS NASCIMBENI © 2019 AFP
L'archevêque de Reims, Eric de Moulins-Beaufort, ouvre une série de réunions publiques sur les abus sexuels dans l'église, à Reims le 15 septembre 2021 - FRANCOIS NASCIMBENI © 2019 AFP

Séance d'explication ce mardi après-midi place Beauvau. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en charge des cultes, s’apprête à recevoir le président de la Conférence des évêques de France (CEF) appelé à "s'expliquer" sur ses propos jugés "très maladroits" par le ministère interrogé par La Croix, à propos du secret de la confession.

"La confession s'impose à nous, et en ce sens-là elle est plus forte que les lois de la République", avait affirmé Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort le 6 octobre sur Franceinfo.

La veille paraissait le rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l'Eglise catholique, qui a estimé à 216.000 le nombre de personnes victimes d’un prêtre ou d’un religieux en France depuis les années 1950. Le nombre de victimes est estimé à 330.000 si l’on ajoute les agresseurs laïcs en lien avec les institutions cléricales.

"La loi de la République s'impose à l'Eglise" répond Darmanin

La réponse du ministre de l'Intérieur, à l’origine d'une loi contre le séparatisme, n’a pas tardé. "Les lois de la République s'imposent aux lois des Églises", a insisté Gérald Darmanin, le lendemain, lors d'un déplacement à Lyon, ville ébranlée par l'affaire Preynat, du nom de ce prêtre pédophile condamné pour des agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts de sa paroisse.

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase), présidée par l’auteur du rapport, Jean-Marc Sauvé, préconise que les autorités de l'Eglise relaient un message clair sur l'obligation faite au confesseur de signaler aux autorités judiciaires et administratives les cas de violences sexuelles sur un mineur ou une personne vulnérable.

Une levée du secret de la confession que Jean-Marc Sauvé a une nouvelle fois justifiée lundi dans un entretien à Famille chrétienne: "L'obligation de protéger la vie des personnes est, de notre point de vue, supérieure à l'obligation du secret de la confession qui vise en particulier à protéger la réputation du pénitent", a-t-il souligné.

Darmanin rappelle le principe d''"impérieuse obligation"

Dans un communiqué paru le 7 octobre, Eric de Moulins-Beaufort a précisé ses propos. Selon lui, il n’est pas nécessaire d'opposer le secret de la confession aux lois de la République, car la République "respecte" ce secret. Ce qui est vrai, à une exception: il existe une "impérieuse obligation" de "mettre un terme" aux faits de pédocriminalité toujours en cours, a précisé le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, vendredi dernier.

"Eric de Moulins-Beaufort recherche avant tout l'apaisement et rencontrera Gérard Darmanin dans cette optique-là", a déclaré Karine Dalle, chargée de communication de la CEF. En effet, le sujet, brûlant, a fait réagir: plusieurs associations de victimes ont exprimé leur lassitude voire leur indignation face aux propos de l'épiscopat.

En dehors du secret de la confession, ce rendez-vous sera également selon La Croix l’occasion "d’aborder plus largement la question du rapport Sauvé".

Article original publié sur BFMTV.com

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