Pourquoi le pouvoir peut faire disjoncter le cerveau des politiques

Erwan Deveze

16 octobre 2018, 7 heures du matin. Perquisition au domicile du leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Hagard, il choisit de se filmer en direct avec son smartphone. La tension est palpable, la colère de l’ex-candidat à la présidentielle s’autoalimente pour finir par se déverser sur le procureur menant l’opération de police. “Ne me touchez pas Monsieur, vous n’avez pas droit de me toucher (…). Personne ne me touche, ma personne est sacrée, je suis parlementaire. Et pour vous en convaincre et bien comprendre qui je suis, voilà c’est Mélenchon avec une écharpe tricolore. Je n’ai peur de personne”. Un moment surréaliste. 

Cette scène interpelle et suscite un sentiment de gêne, de malaise. Comment cet homme de pouvoir si aguerri à la vie politique a-t-il pu ainsi perdre pied? Stratégie de communication? Difficile de le croire tant cette scène l’a desservi sur le plan politique et personnel, lui valant une année plus tard une condamnation en justice. Pure bêtise? Ce serait là faire injure à ses capacités intellectuelles éprouvées. Alors comment expliquer un tel “pétage de plombs”? 

Probablement faut-il aller chercher l’explication de cet incroyable raté dans le cerveau de Jean-Luc Mélenchon. Disons-le d’emblée: le pouvoir est anormalement sollicitant pour un cerveau, le faisant osciller en permanence entre des états d’intense jouissance et d’immense souffrance. Toute-puissance, domination, plaisir, hyper-stress, isolement social, hyperactivité, surcharge mentale, épuisement physique, paranoïa, etc., un cocktail explosif aussi euphorisant que maltraitant pour des neurones normalement constitués. Sans compter que, si le pouvoir se conquiert puis s’exerce, il finit toujours tôt ou tard par se perdre. Et dans ce cas, très souvent, plus dure sera la chute. Un ascenseur émotionnel et cognitif permanent. 

 

Gare au syndrome d’Hubris se manifestant par des signes reconnaissables: obsession narcissique, perte de contact avec la réalité, combativité exacerbée,...

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