Pourquoi parents et grands-parents ont parfois leur enfant ou petit-enfant préféré

Group selfie of cheerful multi-generation family at yard
Morsa Images / Getty Images Group selfie of cheerful multi-generation family at yard

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Le lien avec son enfant est marqué par de nombreuses historiques (du parent, du couple et celle de l’enfant lui-même). Être enfant préféré c’est avoir une relation particulière avec un parent.

FAMILLE - Alors qu’ont lieu les obsèques de la reine Élizabeth II, parmi de nombreuses anecdotes au sujet de son rôle d’épouse, de mère et de grand-mère, on note qu’Andrew est souvent présenté comme son fils préféré, tout comme on lui a régulièrement prêté une préférence pour Harry, l’un de ses petits-enfants.

« Est-ce que tu m’aimes ?  » clame le petit dernier de la fratrie ; « Non c’est moi que les parents préfèrent », se défend l’aîné.e  hargneusement.

Les enfants savent qu’ils sont aimés (souvent). Mais la vraie question est de savoir qui est le (la) préféré.e des parents. Et la compétition est souvent rude au sein des fratries pour connaître la « vraie » réponse.

Pourtant… Pas besoin de s’imposer. Au sein des familles, les interactions avec chaque enfant sont différentes et certaines sont perçues comme privilégiées par la fratrie.

La famille royale ne fait donc pas exception au phénomène d’enfant préféré, sujet familial encore tabou.

Fantasme ou réalité ?

Faut-il en parler ou le taire ?

Est-ce grave ou normal ?

Existe-t-il un enfant préféré dans chaque famille ?

L’enfant préféré existe dans presque toutes les familles mais reste un tabou familial.

D’abord parce que le phénomène n’est pas toujours conscientisé par les parents. Oser affirmer qu’on a un enfant « chouchou » relève de l’impossible pour soi-même et vis-à-vis des autres (enfants, famille, amis).

Même si les parents se veulent égalitaires (jusqu’à compter le nombre de céréales dans le bol du petit-déjeuner), même si la règle de l’héritage à l’aîné n’est plus de mise, cela n’empêche nullement que les préférences parentales restent légions.

Comment ?

Rien de très visible, cela passe par de petits gestes ou paroles au quotidien que les enfants perçoivent quand même provoquant jalousie et compétition au sein de la fratrie :

  • Un prénom qui évoque un lien particulier avec un parent ;

  • Le temps passé avec cet enfant (temps de loisir) ;

  • Un surnom bienveillant ;

  • Des conversations plus longues, plus nombreuses ;

  • Des avantages non liés à l’âge, des cadeaux, des attentions plus nombreuses ;

  • Une place à table ou en voiture, une place systématique à côté du parent ;

  • Des marques d’affection plus appuyées ;

  • Des sanctions moins fréquentes ;

  • Enfant nécessitant des soins/attentions particuliers ou rejeté par l’autre parent.

L’amour existe chez les autres enfants également, mais la préférence à un enfant est liée à de nombreux facteurs qui créent une interaction privilégiée.

Pourquoi ?

Les parents

L’histoire parentale (refus de faire vivre sa propre histoire d’enfance), la place de l’enfant dans la fratrie (aîné ou cadet), le sexe de l’enfant (arrivée d’une fille dans une famille de garçons), les projections conscientes ou non sur cet enfant (domaine sportif, artistique, professionnel…), l’histoire autour de la naissance de cet enfant sont autant de facteurs qui interviennent dans une préférence parentale.

Cela touche le père (« ma fille c’est ma princesse, personne n’y touche »)  ou la mère (« il / elle a la même sensibilité que moi. On se comprend sans parler ») indistinctement.

Les enfants

Le lien avec son enfant est marqué par de nombreuses historiques (du parent, du couple et celle de l’enfant lui-même). Être enfant préféré c’est avoir une relation particulière avec un parent.

Ou l’inverse…

Un enfant câlin est plus gratifiant, un bon élève autorise plus de projections parentales, une fille née après plusieurs garçons aura une place et un rôle particulier, un aîné absorbe qui nos angoisses…

Le mimétisme et les projections des uns et des autres sont au cœur de cette dynamique.

Et la fratrie ?

Et même si l’enfant préféré semble avoir un statut de privilégié aux yeux de l’entourage (« on lui permet tout »), cet enfant peut souffrir de culpabilité. C’est, certes, confortable pour lui, mais gênant par rapport à ses frères et sœurs. Une compétition entre les enfants peut s’installer ainsi que du harcèlement au sein de la fratrie.

On est loin de la famille idéale.

Il ne faut pas hésiter à contrebalancer cette préférence par des activités ou un investissement totalement différent avec les autres enfants.

Conclusion

Il est possible de préférer une relation avec un enfant ou petit-enfant plutôt qu’un autre. Des affinités peuvent exister, un enfant peut-être plus « simple à comprendre » car il nous ressemble par exemple. Il est préférable de parler alors de relation plutôt que d’enfant préféré tout en se demandant si cet enfant « plus simple » ne l’est pas pour être LE préféré justement ?

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