Pourquoi le pape François évite de “taquiner” l’ours Poutine

Courrier International

La position pour le moins ambiguë du pape François sur l’agression russe en Ukraine préoccupe les médias polonais cette semaine, au point que deux hebdomadaires y consacrent leur une, à commencer par Polityka.

Sur la couverture, le chef de l’Église catholique saluant la foule apparaît sous forme de “Z” – le fameux signe abordé par les blindés russes dans la guerre en Ukraine. Dans un long article d’analyse, le magazine social-libéral polonais constate l’échec flagrant du pape François pour faire advenir la paix en Ukraine. “Il est incapable d’utiliser son autorité morale, son amitié avec le patriarche Kirill, ses contacts avec Poutine ou la diplomatie du Vatican pour arrêter l’effusion de sang. […] Même cette demande apparemment évidente du Vatican d’une trêve pendant la Pâque orthodoxe pour évacuer en toute sécurité des civils ukrainiens de Marioupol a échoué”, juge son auteur.

À cela se sont ajoutés les propos tenus par le chef de l’Église catholique dans le quotidien italien Corriere della Sera suggérant que le comportement de Vladimir Poutine était peut-être lié au fait que “l’Otan aboyait à la porte de la Russie”. En quête d’explications, Polityka passe en revue les diverses théories et arguments susceptibles d’éclairer l’attitude du pape.

L’une d’entre elles tient au fait qu’il n’est pas originaire du continent européen mais latino-américain. “Dans le monde latino-américain, l’Occident et les États-Unis sont perçus négativement par beaucoup. Tout comme la Russie en Europe – en particulier dans l’ère postcommuniste”, explique le journaliste.

Si Polityka comprend bien que le Vatican ne puisse donner son onction à des livraisons d’armes, il estime pour autant qu’“il devrait s’abstenir de spéculer sur le fait que la colère de Poutine serait le fruit d’une provocation et que la guerre a été causée par les ‘autres’”.

L’hebdomadaire explique par ailleurs que l’attitude papale puise ses racines avant tout dans l’“Ostpolitik” du Saint-Siège : “Le pape et la diplomatie papale pensent encore probablement que la route vers Kiev passe par Moscou et non l’inverse”. À cet égard, le Vatican continue de suivre la doctrine du cardinal Pietro Parolin, évoquée volontiers par le pape, consistant à “éviter de ‘taquiner l’ours’ dans l’espoir que l’ours ne griffera pas les catholiques et leurs structures ecclésiastiques” .

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