Pourquoi la notion de « précarité énergétique » reste floue et complexe à définir

© ROMAIN DOUCELIN/SIPA

La notion de « précarité énergétique » fête ses douze ans. Ce à quoi elle renvoie est bien sûr plus ancien, mais l’expression a été popularisée en France par son inscription dans la loi en 2010.

L’actualité des dernières années a rappelé l’importance qu’elle occupe dans l’espace public, avec la fin du tarif de première nécessité pour l’électricité (TPN) et du tarif spécial de solidarité pour le gaz (TSS), deux mécanismes qui ont été remplacés par le chèque-énergie en 2018 . À la suite du mouvement des gilets jaunes à l’automne, le gouvernement décide d’élargir le dispositif.

En février 2020, le hashtag #LesMalChauffés est lancé par franceinfo  dans le cadre d’une opération. Et à la même période, la trêve hivernale  est prolongée par ordonnance dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire due à la Covid-19.

Pourtant, qualifier et quantifier ce phénomène n’est pas aussi évident qu’il n’y paraît. Traduite de l’anglais « fuel poverty », la précarité énergétique est définie officiellement en France dans la loi Grenelle II du 12 juillet 2010  de la façon suivante :

 

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Est en situation de précarité énergétique […] une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat.

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Cette définition fait ainsi se croiser question sociale et question écologique, mais ne précise pas ce que recouvrent les « b...


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