Pourquoi on ne fête pas le bicentenaire de l’indépendance

Photo Diogo Moreira / Flickr / CC

En général, les peuples et les gouvernements adorent les grandes commémorations historiques. En France, on se souvient de la spectaculaire fête du bicentenaire de la révolution de 1789. De son côté, en 1922, le Brésil a célébré dignement le centenaire de son indépendance, avec une imposante Exposition universelle, donnant naissance à un nouveau quartier dans le centre de Rio.

Pas de fête du bicentenaire

On pouvait donc s’attendre à une grande célébration pour ce 7 septembre 2022, surtout avec un président qui place “le Brésil au-dessus de tout”. Mais, surprise : rien, ou presque rien !

C’est d’autant plus étonnant qu’il y a un précédent, qui pouvait être une référence pour Jaïr Bolsonaro. En effet, la dictature militaire avait fait du 150e anniversaire un grand moment nationaliste d’exaltation de la grandeur du pays à coups de slogans et d’événements populaires afin de faire oublier ses côtés sombres.

On pouvait toutefois s’en douter depuis quelque temps : pas de commission nationale mise en place, pas de projets d’envergure, aucune communication sur le sujet. Seule exception notable : la restauration complète du très beau musée d’Ipiranga, sorte de musée de l’indépendance, par l’État de São Paulo sous l’impulsion de son gouverneur, grand ennemi politique du président.

Mais des meetings électoraux

Mais, en fait, Bolsonaro a une petite idée derrière la tête : transformer cette commémoration qui, dans le fond, lui importe peu en une gigantesque manifestation en faveur de sa réélection le mois prochain, en associant les défilés militaires traditionnels d’une armée qui lui est dévouée et la foule de ses partisans, tous aux couleurs du pays. Un véritable kidnapping électoraliste du bicentenaire… Parfaitement antidémocratique !

C’est ce qui est fait, le matin à Brasília et l’après-midi à Rio sur la plage de Copacabana, avec un défilé naval. Le président y discourt… Mais il ne parle même pas du bicentenaire. Il tient des propos machistes et fait quelques vulgaires plaisanteries sexuelles, selon son habitude. Il parle surtout et en mal de ses ennemis. Les autorités politiques du pays habituellement présentes dans la tribune officielle de Brasília se sont défilées. Le président se retrouve donc entouré d’un riche homme d’affaires de ses amis, d’un pasteur évangélique politicien… et du président du Portugal, qui se demande bien ce qu’il fait là !

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