Pourquoi les manifestations contre les violences policières en France marquent un tournant historique

Marc Cheb Sun
Des manifestants lèvent le poing devant les policiers anti-émeutes lors d'une manifestation au Champ de Mars, à Paris le 6 juin 2020, dans le cadre des manifestations mondiales

De l’air, laissez-nous respirer… Les manifestations contre les violences policières en France marquent un tournant que bien des politiques, dont un gouvernement tétanisé, et bon nombre de médias se refusent à réaliser. Au risque de consolider les fractures avec la jeunesse et entre différentes composantes de notre société. 

Un symbole, jusque dans les mots de désespoir émis par Adama Traoré et ceux de George Floyd. I can’t breathe, Je ne  peux pas respirer

Le meurtre de l’un a été filmé –ce que le “visionnaire” Eric Ciotti veut faire interdire en France-, la mort de l’autre donne lieu depuis quatre ans à une multitude d’expertises, de contre-expertises, d’émotions, de révolte et de protestations initiées par Assa Traoré et le collectif Vérité pour Adama.

Au-delà des faits, l’ampleur de cette mobilisation inédite en France devrait interroger une grande partie de notre classe politique sur son déni de cette réalité quotidienne pour bon nombre de jeunes Français, la plupart non-blancs, et de jeunes étrangers. 20.000 personnes à Paris selon la préfecture, 70.000 selon les organisateurs, des rassemblements importants à Lille, Toulouse, Marseille… Si l’on considère tous ceux qui ne sont pas venus en raison du Covid-19, tous ceux qui, avec enfants, ont renoncé du fait de l’interdiction tardive de la manifestation, c’est considérable. Mais au-delà des chiffres, c’est aussi la composition de ces rassemblements qui doit interpeller ceux qui ne veulent ni voir, ni savoir, ni comprendre. 

Un fait d’abord, incontestable: l’immense présence de jeunes, rare si ce n’est, évidemment, lors des manifestations de lycéens et d’étudiants. Avec l’écologie, ce combat apparaît -enfin- devenir une priorité pour la jeunesse. 

La fin ensuite du “tabou communautaire”: si les organisateurs sont largement issus des composantes afro-descendantes, cela n’a en rien empêché de nombreux jeunes de tous horizons d’être massivement présents. Ce n’est pas un problème pour eux: c’est simplement légitime....

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