Pourquoi les manifestants à Hong Kong continuent leurs actions

Bénédicte Magnier
Malgré le retrait du projet de loi sur l'extradition, les militants hongkongais continuent le mouvement.

HONG KONG - Carrie Lam espérait calmer le jeu avec son annonce le 4 septembre dernier. La cheffe de l’exécutif hongkongais avait en effet déclaré le retrait pur et simple du projet de loi sur l’extradition, qui avait au fil des semaines réuni plusieurs millions d’opposants dans les rues de ce territoire semi-autonome. 

Pourtant, les grandes figures du mouvement se sont rapidement exprimées et ont enjoint les manifestants à continuer leurs actions dès le week-end suivant. Joshua Wong, un militant hongkongais, avait prévenu devant la presse: “Ces derniers mois, avec notre grève et nos manifestations, nous avons pris conscience de la répression des droits de l’Homme”. Des actions qui ont continué ce samedi 14 septembre donnant même lieu à des scènes d’affrontements entre camps adverses.

Carine Milcent, chercheuse au CNRS et spécialiste de la Chine, a apporté des précisions au HuffPost, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article

Ainsi, les revendications des manifestants ont bel et bien eu le temps d’évoluer, en trois mois de conflit. Le recul de Carrie Lam sur ce projet de loi controversé qui faisait craindre aux Hongkongais une mainmise de la Chine sur le domaine judiciaire, est arrivé très tardivement.

Entre temps, de nombreuses violences ont émaillé ces semaines de contestation, et les habitants de Hong Kong demandent désormais des comptes au pouvoir du territoire semi-autonome.

En filigrane, le rôle de plus en plus important de la Chine, le pays auquel appartient Hong Kong, dans ce territoire qui a gardé un fonctionnement spécifique. Rétrocédé à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, Hong Kong a pu négocier de garder une certaine indépendance pendant 50 ans, jusqu’en 2047. Ainsi, le territoire obéit au principe “un pays, deux systèmes”. 

Pour autant, la Chine commence déjà à imprégner ce territoire de sa politique. En 2014 déjà, le mouvement des parapluies avait duré deux mois pendant lesquels des Hongkongais avaient tenté de s’opposer à l’ingérence de...

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