Pourquoi l'accès aux origines des enfants nés de PMA concerne aussi les adoptés

Lucie Hennequin
Les personnes adoptées, notamment celles nées sous X, demandent un droit d'accès à leurs origines et à leur filiation.

FAMILLE - L’accès aux origines est l’un des débats qui a agité l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet de loi Bioéthique. En effet, l’article 3, adopté par les députés, prévoit pour les personnes conçues par PMA avec l’aide d’un don sperme ou d’ovocytes (gamètes) un accès à des informations sur leur donneur à leur majorité. Une réforme éventuelle qui trouve un écho particulier chez les personnes adoptées.

Notamment les personnes nées sous X, qu’on appelle aussi sous le secret. “S’il y a une levée du secret pour le don de gamètes, il va falloir qu’il y ait impérativement une évolution de la loi sur l’accouchement sous le secret, estime Nathalie Parent, présidente de l’association Enfance & Familles d’Adoption (EFA). Il serait inentendable qu’il y ait l’évolution de l’un sans celle de l’autre.”

C’est aussi l’avis de Céline Giraud, présidente de la Voix des Adoptés, pour qui ce serait une “injustice terrible” de ne pas réformer ce droit. “On espère que le débat va s’ouvrir. Les personnes nées sous le secret ont besoin d’informations, pas forcément identifiantes, pour leur vie et pour leur santé”, ajoute-t-elle. Le sujet de l’accès aux origines concerne aussi certains adoptés hors nés sous X, notamment adoptés à l’étranger.

“Le jour où l’on veut rechercher ses origines, c’est compliqué. C’est une vraie enquête, à travers un pays d’origine qu’on ne connaît pas, dans une langue qu’on ne parle pas, souligne Céline Giraud. Il n’y a pas de guichet unique, il n’y a pas d’orientation: les adoptés sont perdus.” 

Personnes nées sous le secret

La France est l’un des rares pays à disposer d’une législation qui encadre l’accouchement sous le secret, qui reste marginale. Selon le rapport annuel 2019 de l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE), au cours de l’année 2017, sur les 1.260 enfants admis au statut de pupille de l’État, 626 sont nés d’un accouchement sous le secret.

La loi de 2002 a permis de créer le Conseil national pour l’accès aux origines...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post