Pourquoi l'été s'annonce critique sur le front des incendies

Sur place, dix engins et une trentaine de pompiers sont mobilisés. PHOTO D'ILLUSTRATION - Fire Chaser 13
Sur place, dix engins et une trentaine de pompiers sont mobilisés. PHOTO D'ILLUSTRATION - Fire Chaser 13

L'été n'a pas encore officiellement commencé que les flammes ravagent déjà plusieurs dizaines d'hectares dans notre pays. Ainsi ce mardi, un incendie s'est déclaré en Lozère, dans les hauteurs des gorges du Tarn, prenant de l'ampleur jusqu'à grignoter 70 hectares dans la zone.

Sur BFMTV ce mercredi matin, le journaliste pour Lozère Nouvelle, Patrick Zimmermann, décrit:

"Il n’y a quasiment pas d’herbe. Le feu se nourrit de très peu. Un simple coup de vent et il commence à turbiner, et à se nourrir de l’oxygène pour monter parfois jusqu’à 40 mètres de haut".

Un dernier feu qui vient s'ajouter à ceux qui ravagent le Gard depuis plusieurs jours. Et cette situation pourrait bien s'aggraver. En effet, ces dernières heures, la France est entrée dans ce qui est, historiquement, l'épisode caniculaire le plus précoce enregistré depuis le début des relevés météorologiques.

Sur BFMTV ce mercredi matin, le lieutenant-colonel Agrinier, porte-parole des sapeurs-pompiers du Gard, est revenu sur la situation dans le département qui alimente régulièrement l'actualité des feux de forêt.

"On entre dans une phase de stabilisation des trois incendies qui ont touché le département lundi. La plupart sont terminés, sauf un qui a parcouru 100 hectares et qui est toujours en cours de surveillance".

Une situation préoccupante mais pas inédite

Marjorie Bertrand, ingénieure hydrogéologue en charge du développement chez Imageau, une plateforme citoyenne pour visualiser l'état de la sécheresse en France, explique le haut risque d'incendie par deux facteurs: le manque d'eau et les températures élevées.

"Le déficit de pluie entre les mois d’hiver et de printemps est compris entre 40% et 60%. Toute la France est concernée par un manque de pluie. C’est un premier facteur. Le deuxième, ce sont les températures sur l’ensemble du territoire. Elles sont supérieures de +2°C par rapport aux normales de saison, surtout dans le Gard où au mois de mai, les températures enregistrées étaient de +4°C au-dessus des normales de saison", poursuit-il.

Selon elle, ces deux facteurs combinés favorisent les départs de feu. De son côté, si pour le lieutenant-colonel Audigier, il faut garder en mémoire la période estivale de 2019, particulièrement meurtrière dans le Gard où "cette année-là, le Gard a connu un été particulièrement meurtrier avec le fameux crash du tracker au mois d’août sur la commune de Générac", la situation actuelle reste préoccupante.

"Cette année, tout intervient un peu plus tôt. De plus, il faut associer cela à plusieurs épisodes de mistral qui ont balayé le département pendant plusieurs jours, contribuant largement au dessèchement de la végétation avec l'absence de pluie", explique-t-il.

"Un incendie sur deux lié à l'imprudence"

Quand on évoque la canicule et la sécheresse, est souvent pris pour exemple l'épisode de l'année 1976, particulièrement long et violent. Mais sans en arriver à cette extrémité, selon Marjorie Bertrand, à en croire les précipitations, nous sommes toute de même sur le troisième printemps le plus sec depuis 1959. En termes de température, le troisième plus chaud depuis 1900.

Les sapeurs-pompiers appréhendent donc cet été. D'autant que, comme le rappelle sur notre antenne ce mercredi Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, les feux touchent désormais toute la France.

C'est pourquoi les professionnels font appel à la responsabilité de chacun pour éviter les drames.

"Plus de 90% des incendies d’espaces naturels, dont font partie les feux de forêt, sont d’origine humaine. Cela ne veut pas dire que c’est volontaire, mais c’est l’action de l’homme qui génère ces incendies. Un incendie sur deux est lié à l’imprudence", affirme le lieutenant-colonel Agrinier.

Les soldats du feu sont d'ores et déjà largement mobilisés comme dans les Bouches-du-Rhône où quelque 200 d'entre eux sont venus renforcer les équipes à l'approche de l'été.

La précocité de ces épisodes n'est pas sans faire écho au réchauffement climatique. Ainsi, pour Éric Brocardi aujourd’hui les soldats du feu sont surtout des soldats du climat. "Car si la planète brûle et que tout le monde regarde ailleurs, nous les pompiers nous la regardons en face".

Article original publié sur BFMTV.com

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