Pourquoi Jean-François Copé ne soutient personne à la présidence des Républicains

Jean-Francois Copé, arrivant à une réunion de LR le 21 juin 2022.
THOMAS COEX / AFP Jean-Francois Copé, arrivant à une réunion de LR le 21 juin 2022.

POLITIQUE - L’élection du futur président des Républicains laisse Jean-François Copé de marbre. Ce jeudi 10 novembre, le maire de Meaux a annoncé qu’il « ne choisirait pas » entre Bruno Retailleau, Éric Ciotti et Aurélien Pradié qui s’affrontent pour prendre la tête du parti.

Le cœur de Jean-François Copé, lui-même ancien président de l’UMP, « ne penche pas » d’une part parce qu’il n’a « plus d’affect en politique » mais surtout parce qu’il « a décidé de ne pas choisir » entre les trois candidats en lice, déclare-t-il sur France Inter.

La raison ? Elles sont multiples en réalité. Jean-François Copé a rappelé sa ligne d’une « droite décomplexée » et déploré que le terme soit « un peu galvaudé ». « Une droite décomplexée (...) c’est une droite fière de l’être, qui assume tous les sujets que les Français vivent au quotidien mais qui est totalement étanche avec l’extrême droite », souligne-t-il. Et pour l’instant, le maire de Meaux « ne sait pas » si c’est bien le cas.

Il n’a cité personne, mais son message est évident. Parmi les candidats à la présidence LR, le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti est le défenseur d’une droite dure, au point que Marine Le Pen reconnaissait en novembre 2021 une certaine proximité. Quant à Aurélien Pradié, il s’est récemment prononcé contre le port du voile « peut-être même dans l’espace public », une position qui rappelle celle de l’ancienne candidate RN à la présidentielle.

« Je voudrais être certain que quand on vient de temps faire des yeux doux à tel ou tel représentant d’extrême droite, on se rend bien compte qu’une fois qu’on est dedans, c’est terminé, on en sort plus », met en garde Jean-François Copé.

Copé pour un accord entre LR et gouvernement

L’autre réticence de Jean-François Copé concerne la posture de LR vis-à-vis du gouvernement. Le maire de Meaux est favorable à un accord avec le gouvernement sur la base d’un « programme de gouvernement beaucoup plus volontariste sur le régalien (sécurité, justice, immigration, éducation) et sur les réformes économiques structurelles », réclamait-il dans Le Figaro fin octobre.

« Ce qui ruine notre indépendance, c’est d’apparaître aux yeux des Français comme la tranche de jambon coincée dans le sandwich entre le gouvernement et les partis extrémistes », jugeait-il.

Problème : aucun des candidats à la présidence LR ne défend cette ligne, bien au contraire. Tous réfutent une alliance avec Emmanuel Macron, malgré les nombreuses mains tendues du chef de l’État en ce sens. « Si je me suis lancé dans la candidature à la présidence de LR, ce n’est pas pour avoir l’ambition de faire de LR la énième composante de la Macronie. Nous ne sommes pas Macron-compatibles, parce que nous avons des différences de taille », martelait Bruno Retailleau le 27 octobre au micro de Public Sénat.

Un seul candidat était du même avis que Jean-François Copé : le maire d’Orléans Serge Grouard. Mais l’élu a été contraint de jeter l’éponge dans la course des Républicains, faute de parrainages suffisants.

À moins d’un mois de l’élection du nouveau chef de LR, Éric Ciotti et Bruno Retailleau sont donnés comme favoris, avec un net avantage pour le député du sud. Aurélien Pradié fait figure d’outsider, mais entend bien provoquer la surprise. Mais quoiqu’il arrive le 3 décembre prochain, Jean-François Copé trouvera difficilement de quoi se réjouir.

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