Pourquoi Israël ne pourra pas miser sur la Russie face à l’Iran malgré la rencontre Poutine / Netanyahou

Jean-Sylvestre Mongrenier

Dans cet entremêlement de guerres, l'axe Moscou-Damas-Téhéran est plus solide qu'il ne l'est trop souvent affirmé.

En dépit des ratiocinations sur la Pax Poutina censée régner en Syrie, le conflit a dangereusement muté. Dans cet entremêlement de guerres, le heurt entre la libido dominandi iranienne et Israël, placé sur la défensive, appelle l'attention. Au regard du contexte géopolitique, il appert que l'Etat hébreu ne saurait s'en remettre à la Russie pour contrebalancer le régime chiite-islamique de Téhéran. Les appels téléphoniques d'une capitale à l'autre, la succession d'entretiens bilatéraux et l'invocation d'une prétendue loi des intérêts bien compris ne pourront occulter cet état de fait.

Une relation un temps ambivalente

Jusqu'à ces dernières mois, la relation entre Jérusalem et Moscou était marquée au sceau de l'ambivalence. En 1991, la dislocation de l'URSS ouvrit une phase nouvelle, les dirigeants de la Russie post-soviétique décidant de réinstaurer les relations diplomatiques, brisées lors de la guerre des Six Jours (1967). Au cours des années 1990, la forte émigration de juifs russes ou russophones vers Israël – environ un million de personnes, soit près du cinquième de la population – allait dans le sens d'une coopération politique, économique et technico-militaire approfondie entre les deux Etats. Quantitativement parlant, les échanges commerciaux russo-israéliens furent multipliés par vingt. Sur le plan humain, l'importante minorité israélienne de langue russe était comparable à un pont qui renforce les échanges bilatéraux. Malgré l'aide militaire apportée par l'Etat hébreu à Tbilissi (Géorgie), dès l'époque Chevardnadze, la guerre russo-géorgienne d'août 2008 ne mit pas à mal cet ensemble de relations. Simplement, les exportations de drones israéliens prirent désormais la route de Moscou.

En raison du poids politique des Israéliens russophones, de leurs préjugés favorables (...)lire la suite sur Atlantico

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