Pourquoi il est important de suivre les enfants obèses

Pourquoi il est important de suivre les enfants obèses

Dépression, anxiété, troubles psychiques... Les anciens enfants obèses auraient un risque important de développer des problèmes de santé mentale à l’âge adulte. Telles sont les conclusions de deux nouvelles études européennes. Explications.

Un enfant obèse aurait un risque accru de développer des troubles d’anxiété et de dépression à l’âge adulte. C’est la conclusion d’une étude publiée dans la revue BMC Medicine. Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs du Karolinska Institutet en Suède ont examiné les dossiers de 12 507 enfants obèses âgés de 6 à 17 ans. Ils les ont comparés à ceux de 60 063 enfants qui n’avaient aucun problème de poids. Après avoir pris en compte les antécédents familiaux et le statut socio-économique de chacun, ils ont constaté que les enfants obèses présentaient un risque 33% plus élevé d’anxiété et de dépression que les autres garçons du même âge. Chez la gent féminine, le risque était encore plus important. Les filles obèses avaient, en effet, un risque 43% plus élevé de développer des problèmes de santé mentale que les autres.

D’après les résultats d’une autre étude, menée par la même équipe de chercheurs, et publiés dans la revue PLOS Medecine, les conséquences de l’obésité pourraient être encore plus dramatiques. Les anciens enfants obèses auraient un risque trois fois plus élevé de mourir au début de l’âge adulte (entre 20 et 25 ans) que les autres.

Les scientifiques ont comparé les dossiers de 41 359 enfants et adolescents âgés de 3 à 17 ans : 7 049 d’entre eux ont reçu un traitement contre l’obésité dans leur jeunesse, 34 310 n’en ont pas eu. “Le risque de décès par maladies somatiques, dont plus d'un quart étaient directement liés à l'obésité, et le risque de suicide ont augmenté pour ce groupe”, a expliqué Emilia Hagman, l'une des auteurs de l'étude. “Nous n'avons cependant pas constaté de risque accru de mortalité par blessures ou causes externes telles que des actes criminels.

Un suivi et un traitement adéquat nécessaires

Pour les scientifiques, les résultats de ces deux études mettent en lumière le fait qu’il est nécessaire d’apporter un soutien psychologique aux enfants qui souffrent d’obésité. Ils recommandent également de réaliser de la prévention auprès des populations à risque. “Nos études mettent en évidence la situation vulnérable dans laquelle se trouvent les enfants obèses”, explique Louise Lindberg, une des auteurs de l’étude. “L’anxiété et la dépression engendrent un stress et des souffrances émotionnelles et psychologiques. Ils peuvent également entraver le traitement de l’obésité”. Selon elle, il est absolument indispensable que ces enfants se voient offrir un suivi et “un traitement adéquat sur le long terme afin de réduire ces risques”.

Ce n’est pas la première fois que des études européennes établissent un lien entre obésité et troubles psychiques et émotionnels. L’année dernière, une équipe de chercheurs à Liverpool avait déjà démontré que les enfants obèses à l’âge de sept ans avaient davantage de risques d’être touchés par la dépression au moment de l’adolescence. Un mal être qui s’expliquerait par la stigmatisation de l’obésité dans la société. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les enfants obèses auraient 63% plus de risque de se faire harceler à l’école. D’où l’importance de la prévention...