Pourquoi les humains n'ont-ils pas de queue ?

SPL/ SUCRÉ SALÉ

Pourquoi n'a-t-on pas de queue et cette perte a-t-elle favorisé la bipédie ? Sciences et Avenir a posé la question à plusieurs spécialistes.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°905-906, daté juillet-août 2022.

Plus exactement, ce sont les hominoïdes (les humains et les grands singes) qui se distinguent par la perte de leur queue. Elle se serait produite il y a environ 25 millions d'années, mais il en reste une trace : quelques vertèbres formant le coccyx.

Descente d'organes et bipédie

"Le coccyx est bien un vestige de la queue, confirme Daniel Lieberman, chercheur au département de biologie évolutive humaine à Harvard (États-Unis). Une hypothèse expliquant cette disparition est la conséquence du fait que les hominoïdes se suspendent verticalement aux arbres. Car les muscles qui bougent la queue soutiennent également le plancher pelvien. Remuer la queue tout en étant suspendu à un arbre pourrait conduire à une descente d'organes ! "

Mais son absence a-t-elle favorisé la bipédie ? "La queue est un organe articulé et mobile, explique à Sciences et Avenir Gilles Berillon, directeur de recherches au CNRS et paléoanthropologue au sein du laboratoire Histoire Naturelle de l’Homme préhistorique. A l’extrême, elle est préhensile chez les primates américains et sert à certaines fonctions comme la locomotion dans les arbres". Elle joue alors le rôle de balancier en assurant "la dynamique du mouvement", poursuit le chercheur. Mais sa perte a-t-elle activement favorisé la bipédie ?

"Un organe articulé et mobile"

Rien n'est moins sûr : la perte de la queue est même probablement survenue après la marche sur les seuls membres postérieurs. Une hypothèse solide car "comme les hominoïdes qui n’ont pas de queue, les cercopithécoïdes qui eux ont une queue, sont aptes à la marche bipède même si c’est de manière occasionnelle, souligne Gilles Berillon. Il est donc logique de considérer que leur ancêtre commun, qui avait une queue, pratiquait également une forme de bipédie occasionnelle. La perte de la queue n’est donc pas liée à la bipédie, encore moins à la bipédie habituelle telle que les [...]

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