Pourquoi les «gilets jaunes» sont inédits dans l'histoire de France

Feertchak, Alexis
Les «gilets jaunes», des «sans-culottes»? / NICOLAS TUCAT/AFP

FOCUS - Depuis le début, ce mouvement social est souvent qualifié d'«inédit». Dans le même temps, hommes politiques et intellectuels enchaînent les comparaisons historiques. Avec l'historien Michel Pigenet, professeur émérite à la Sorbonne, Le Figaro démêle les vrais et faux-semblants.

Depuis le début des «gilets jaunes», face à la difficulté de caractériser ce mouvement social, hommes politiques, intellectuels ou simples observateurs hésitent entre parallèles historiques et déclarations sur le caractère inédit de ce mouvement soutenu par plus de 70% des Français.

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Ainsi, lors du deuxième samedi de rassemblement, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a évoqué la journée du 6 février 1934 et les ligues d'extrême droite des années d'entre-deux-guerres. Une comparaison également faite à plusieurs reprises par le philosophe Bernard-Henri Lévy, qui a également mentionné une autre expérience historique, celle du «syndicalisme jaune» au début du XXe siècle. D'autres intellectuels ont mentionné le souvenir historique de Mai 68, certains la Révolution française, d'autres encore l'expérience du «boulangisme» à la fin du XIXe siècle ou celle du «poujadisme» dans les années 1950-1960. Avec Michel Pigenet, professeur émérite à l'Université Panthéon-Sorbonne et auteur de l'ouvrage de référence, Histoire des mouvements sociaux en France de 1814 à nos jours, Le Figaro démêle le vrai du faux.

● 1995: une mobilisation structurée par les syndicats

Lorsqu'un mouvement social prend de l'ampleur en France, le premier réflexe est de le comparer aux grandes grèves de 1995, les plus importantes depuis 1968, qui ont conduit le gouvernement Juppé à reculer sur son projet de réforme des retraites, de la fonction publique et des régimes spéciaux.

«La grande différence avec aujourd'hui, c'est qu'en 1995, les syndicats sont très nettement (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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