Pourquoi la France peut difficilement se désengager du théâtre libyen

Chalard, Laurent
LeFigaro.fr
Emmanuel Macron rencontre le Premier ministre lybien Fayez al-Sarraj à l’Élysée. / CHRISTOPHE ENA/AFP
Emmanuel Macron rencontre le Premier ministre lybien Fayez al-Sarraj à l’Élysée. / CHRISTOPHE ENA/AFP

FIGAROVOX/TRIBUNE - Après avoir tenté d’intégrer le territoire lybien à son empire colonial et s’être débarrassée du dictateur Kadhafi, la France a très vite compris que la Libye était intéressante sur le plan géostratégique dans le monde multipolaire émergent des années 2010, décrypte le géographe Laurent Chalard.

Laurent Chalard est docteur en géographie et travaille au European Centre for International Affairs.

Si pour les Français lettrés, la Libye évoque le Serment de Koufra prononcé le 2 mars 1941 par la colonne du futur général Leclerc, voire le nom d’un roman de Julien Gracq, Le rivage des Syrtes, qui ne s’y déroule pas d’ailleurs, pour le grand public, ce pays apparaît très lointain, ne figurant pas parmi les territoires anciennement colonisés par l’hexagone, d’où une certaine incompréhension vis-à-vis de l’intérêt, que certains percevront même comme de l’obsession, que nos dirigeants semblent y porter. En effet, après avoir été l’acteur majeur du renversement du régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011, la France fait désormais partie des principaux soutiens du maréchal Khalifa Haftar, chef de guerre rebelle de l’auto-proclamée «Armée Nationale Libyenne» qui contrôle l’est de la Libye, étant de facto dans le même camp que la Russie et en opposition avec les autres pays de l’OTAN, dont les États-Unis et la Turquie, qui supportent le «Gouvernement d’Union Nationale» de Tripoli, reconnu par l’ONU. Comment donc expliquer ce tropisme libyen, faisant passer avant tout les intérêts de la France au risque de se brouiller avec ses alliés?

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

Même si, par le passé, les élites françaises, amatrices d’archéologie à leurs heures perdues, ont pu avoir une passion certaine pour les ruines de l’antiquité qui parsèment le littoral libyen, Cyrène, Leptis Magna ou Sabratha, ce n’est pas par romantisme ou goût de l’exotisme qu’elles portèrent leur attention sur ce pays désertique, mais, bien évidemment, pour des questions d’ordre géostratégique.

Tout a commencé dans les (...) Lire la suite sur Figaro.fr

Éric Zemmour: «Erdogan ou la revanche du sultan sur la vieille Europe»
«Libye: une Syrie à nos portes?»
Yves Perez: «Le véritable libéralisme est mort, seul survit un libre-échangisme zombie»
Christopher Caldwell: «Pourquoi les grandes entreprises américaines soutiennent toutes ‘’Black Lives Matter’’»
Inscrivez-vous à la newsletter du Figaro

À lire aussi