Jean-Luc Mélenchon candidat à la présidentielle 2022 dès ce dimanche?

Romain Herreros
·Journaliste politique
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Jean-Luc Mélenchon lors d'un déplacement à Saint-Hilaire-la-Palud dans le sud ouest (illustration).  (Photo: PHILIPPE LOPEZ via Getty Images)
Jean-Luc Mélenchon lors d'un déplacement à Saint-Hilaire-la-Palud dans le sud ouest (illustration). (Photo: PHILIPPE LOPEZ via Getty Images)

POLITIQUE - Est-ce le bon moment pour se porter -officiellement- candidat? Telle est la question sur laquelle Jean-Luc Mélenchon et les siens ont travaillé ce samedi 7 novembre, dans le but de confirmer, ou non, le lancement de la troisième campagne présidentielle du député des Bouches-du-Rhône. Côté calendrier, il était effectivement prévu que le leader de la France insoumise se lance à l’automne.

Or, la crise sanitaire doublée de la séquence terroriste ont percuté cet agenda, le conduisant à jouer la montre. “J’ai l’impression que ce ne sera jamais le bon moment! (...) On fera les choses dans le calendrier qu’on a prévu. Il y a des difficultés, mais il y en aura toujours”, a déclaré mercredi Jean-Luc Mélenchon qui, selon les informations du Parisien, est attendu ce dimanche 8 novembre sur le plateau du 20 heures de TF1 afin d’officialiser ce secret de polichinelle.

C’est sur cette même chaîne qu’en février 2016, soit un an et deux mois avant le premier tour de la présidentielle 2017, il avait dévoilé ses intentions. “Le rythme s’est accéléré, après messieurs Juppé, Fillon, Sarkozy, madame Le Pen sur votre plateau a annoncé sa candidature. Dans ces conditions, il faut passer à l’action”, avait justifié celui qui proposait une candidature “hors parti”. Mais à la différence de l’édition précédente, Jean-Luc Mélenchon ne fait pas office de retardataire ce dimanche. Bien contraire, cette officialisation intervenant 17 mois avant l’échéance, contre 14 la fois dernière.

Tuer le match à gauche...

Pour l’heure, seule Marine Le Pen s’est déclarée parmi les opposants les plus visibles à Emmanuel Macron. Pour autant, les lieutenants du député des Bouches-du-Rhône en sont convaincus, il faut se déclarer, et vite. Ne serait-ce que pour occuper l’espace à gauche. “Moi je suis favorable qu’assez rapidement nous avancions pour que nous soyons le premier pôle de regroupement”, a plaidé Alexis Corbière sur LCI. Dès le mois de septembre, et alors qu’une possible déclaration était évoquée en marge de l’université de la France insoumise, Adrien Quatennens affirmait qu’une candidature de l’élu marseillais serait un “soulagement”.

Cet empressement révèle une volonté de tuer le match, alors que les écolos sont portés par leurs bons scores aux élections municipales, qu’un certain Arnaud Montebourg, naviguant sur des thèmes proches de ceux de Jean-Luc Mélenchon, prépare tranquillement le terrain et que les appels à l’union de la gauche se multiplient, dans un contexte où le Parti socialiste n’exclut pas de sacrifier une investiture au nom de l’intérêt général.

Autre avantage: tuer dans l’œuf les options alternatives côté insoumis, comme celle, notamment, de François Ruffin. De son côté, le principal intéressé s’attend à une séquence éprouvante. “Nous allons quasiment devoir vider la mer avec nos mains, la mer du scepticisme, de la résignation, de l’incompréhension. Il faut construire une majorité positive, et il y a un trou de souris pour nous. Mais ça ne fonctionne que si on convainc, on a besoin de délais, on a toujours fait des campagnes longues”, a déclaré Jean-Luc Mélenchon.

Et doubler Marine Le Pen

Et pour convaincre, quoi de mieux que de se tailler le costume de premier opposant à Emmanuel Macron, offrant ainsi une alternative au duel Macron-Le Pen? Dans Libération ce samedi 7 novembre, le leader insoumis a préparé le terrain. Il a pris la plume pour tailler en pièces la tournure prise par le quinquennat. Une tribune dans laquelle il accuse le macronisme d’avoir permis l’avènement d’un régime autoritaire, “qui s’enracine dans le préjugé technocratique pour qui toute discussion est une perte de temps”.

Ce réquisitoire est dans la droite ligne de ce qu’il dénonçait dimanche dernier dans une tribune publiée dans Le JDD à propos du Conseil de défense et dans laquelle il alertait (déjà) contre “les débordements du pouvoir solitaire”. Comme si, finalement, il était déjà en campagne.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.