"Pourquoi il est encore là?": en campagne dans le Calvados, Borne interpellée sur l'affaire Abad

Au lendemain de la publication de nouvelles accusations contre le ministre des Solidarités, la Première ministre a été interpellée dans le Calvados à ce sujet.

L'affaire Damien Abad s'invite à nouveau dans la campagne des législatives. La Première ministre Elisabeth Borne a été interpellée ce mercredi par une femme sur le marché de Villers-Bocage (Calvados) au sujet des nouvelles accusations visant le ministre des Solidarités, déjà mis en cause pour violences sexuelles. Une autre femme l'accuse de tentative de viol en 2010, selon son récit publié mardi par Mediapart. Lui dément.

"Qu'un homme utilise sa stature de pouvoir pour avoir des faveurs ça me dérange", lance à la Première ministre une femme, militante de la Nupes (union de gauche), lors de ce déplacement.

"Bien sûr que cela me dérange", répond Elisabeth Borne. Alors "pourquoi il est encore là?", lui oppose la femme.

"Moi, je ne suis pas juge", déclare alors la Première ministre, qui tient au long de l'échange un discours de confiance en la Justice avant tout. "Je dis vraiment aux femmes, et je le dis en tant que Première ministre, et en tant que femme, je les invite à déposer plainte, parce que c'est important que la Justice puisse dire les faits", déclare-t-elle.

"Les enquêtes, c'est la Justice qui les fait"

"Moi je vois que cet homme est en haut de notre pays, je suis désolée, en tant que femme, je ne me sens pas en sécurité", répond la militante, qui ajoute que "si la Justice faisait son travail, il n'y aurait pas autant de femmes mortes sous les coups de leurs maris." "Il y a des décisions de justice et la Justice n'est pas appliquée", lance-t-elle, en référence aux féminicides ayant eu lieu même après des condamnations et des alertes des victimes.

En réponse, Elisabeth Borne souligne l'importance de parler des violences au sein des familles et de soutenir les victimes, ajoutant que "c'est un sujet qu'on ne règle pas du jour au lendemain."

"Soyez irréprochable déjà dans les personnes qui vous représentent, c'est à dire les députés, les ministres", lance la femme.

Après cet échange, la Première ministre a répondu à quelques questions des journalistes sur l'affaire Damien Abad. Elle déclare ne pas pouvoir se "prononcer sur la base de témoignages anonymes" répétant: "Moi je ne suis pas juge. Les enquêtes, c'est la Justice qui les fait".

Elle appelle "toutes les femmes qui ont des faits à signaler" à déposer plainte, assurant "qu'elles seront bien accueillies". "C'est important que la Justice puisse dire les faits et c'est uniquement la Justice qui peut le faire", martèle-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com

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