Pourquoi vous devriez demander une augmentation de salaire ce 4 novembre

Business woman is climbing stairs from stacks of coins  toward his financial goal. Personal investment and pension savings concept. Modern vector illustration.
lankogal / Getty Images/iStockphoto Business woman is climbing stairs from stacks of coins toward his financial goal. Personal investment and pension savings concept. Modern vector illustration.

À partir de ce #4Novembre9h10, les femmes, qui gagnent en moyenne 15,8% de moins que les hommes, travaillent gratuitement.

INÉGALITÉS SALARIALES - À partir de ce vendredi 4 novembre à 9h10, la moitié de la population travaille pour rien. Comme chaque année, Rebecca Amsellem, doctoresse en économie et créatrice de la newsletter Les Glorieuses, dénonce les inégalités de salaires à travers un constat implacable : avec un revenu 15,8% inférieur à celui des hommes en moyenne, les femmes travaillent gratuitement dès aujourd’hui.

Cette date du 4 novembre n’est pas choisie au hasard, mais constitue le résultat d’un calcul réactualisé chaque année à partir des chiffres d’Eurostat. L’an dernier, l’écart de salaire horaire brut moyen entre hommes et femmes était de 16,5%, selon cette direction générale de la Commission européenne chargée de l’information statistique.

Comme le souligne Le Monde, ce calcul est contesté pour plusieurs raisons, mais il a, quoi qu’il en soit, le mérite de mettre le doigt sur un état de fait : en France comme Europe, les femmes continuent à gagner moins que leurs collègues masculins.

Une fois cela dit, que peut-on concrètement faire ce vendredi 4 novembre, en tant que femme, pour faire évoluer la situation ? Est-ce, par exemple, l’occasion idéale pour demander une augmentation à son supérieur hiérarchique ?

Ouvrir la discussion

Pour Rebecca Amsellem, contactée à l’occasion de cette journée en 2019 par Le HuffPost, « tous les jours, c’est un bon jour ». Mais aujourd’hui tout particulièrement. Pour celles qui n’osent pas, c’est une parfaite accroche. Pour toutes les autres, « il faut qu’elles sachent que, si elles ne le font pas pour elles, elles le font pour toutes les femmes », affirme-t-elle.

Car au-delà de l’intérêt tout personnel que peut représenter une telle demande, l’un des objectifs de ce 4 novembre est d’ouvrir la discussion sur un sujet encore trop souvent tabou.

Outre le fait de continuer la mobilisation autour des inégalités salariales, « c’est l’occasion de parlent d’argent au travail, de rompre la culture du secret autour des salaires », souligne Rebecca Amsellem qui précise que cette opacité au sein des entreprises « est l’une des raisons pour lesquelles les femmes sont écartées des questions liées à l’argent ».

En ce sens, les femmes ne sont pas les seules concernées par le 4 novembre, loin de là. Les hommes aussi ont leur rôle à jouer ce jour-là, pour « soutenir les demandes d’augmentation des femmes », par exemple, note la fondatrice des Glorieuses. Dans une précédente newsletter publiée à cette date, il était également suggéré aux hommes de profiter de ce jour pour « aborder le sujet avec une collègue à la machine à café. Vous avez plus ou moins le même poste, le même parcours et la même ancienneté ? Proposez-lui d’échanger autour de vos salaires respectifs et si vous vous apercevez qu’elle est moins rémunérée que vous, proposez-lui de la soutenir dans son processus de demande d’augmentation. »

Sororité

Pour les femmes, c’est aussi l’occasion de soutenir celles qui souffrent encore plus des inégalités salariales. Les Glorieuses mettent l’accent sur les femmes racisées, qui gagnent encore moins que les femmes blanches. « Faites preuve de sororité. Allez voir vos collègues racisées qui ont un poste équivalent au vôtre pour leur proposer de leur faire part de votre salaire. Le salaire est différent ? Appuyez une demande d’augmentation », indiquait une newsletter de 2019. « On est là pour se soutenir les unes les autres », insiste Rebecca Amsellem.

Pour aider les salariées dans leurs démarches, la Fondation des femmes propose un guide juridique accompagné de vidéos afin de faire valoir leur droit à l’égalité salariale. À qui s’adresser, que sont les discriminations, quelles démarches engager, sont autant de questions auxquelles répondent avocats, médecins du travail ou encore directeurs des ressources humaines.

Au-delà de la culture du secret autour des salaires, d’autres raisons expliquent les inégalités entre hommes et femmes : la surreprésentation des femmes dans le temps partiel, les interruptions de carrière temporaires ou prolongées suite à une grossesse, les discriminations, etc.

En 2021, le jour à partir duquel les femmes travaillent gratuitement était le 3 novembre. Mais en 2020, il était le 4 novembre. Preuves que la situation n’avance pas. Ce vendredi est donc le bon jour pour aborder tous ces sujets, en plus de demander une augmentation bien méritée.

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