Pourquoi des militants écologistes s'insurgent-ils contre Amazon ?

Des militants de plusieurs ONG ont manifesté devant le siège d'Amazon à Clichy (Hauts-de-Seine) pour dénoncer les atteintes à l'environnement causées par le géant américain.

Des militants écologistes ont bloqué des centres de distribution d’Amazon partout en France et le siège à Clichy pour dénoncer les atteintes à l'environnement engendrées par le géant américain lors du Black Friday. Explications.

Dès jeudi soir, veille du Black Friday, entre 50 et 100 militants des groupes ANV-COP21 et Amis de la Terre, des associations écologistes, se sont rendus devant le centre de distribution d’Amazon de Brétigny-sur-Orge (Essonne) pour le bloquer et dénoncer les impacts négatifs du e-commerce sur l’environnement. Depuis ce vendredi matin, d’autres militants écologistes se sont rendus devant le siège d’Amazon à Clichy (Hauts-de-Seine) mais aussi devant les centres de distribution de Douai (Nord) et de Saint-Priest (Rhône), également pour protester contre la surconsommation et ses conséquences écologiques.

Un bilan carbone élevé... et sous-évalué

Récemment, Les associations Attac et les Amis de la Terre ainsi que l'Union syndicale Solidaires ont dénoncé, via une enquête révélée par FranceInfo, l’impact carbone trop important d’Amazon. Amazon aurait émis 55,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre en 2018, soit l’équivalent des émissions d’un pays comme le Portugal. “Transport des colis, stockage de données, services de streaming, hébergement de millions de sites web par Amazon Web Services, traitement des déchets électroniques, artificialisation des sols et fabrication des 15 milliards de produits vendus sur le site, le modèle économique d’Amazon génère de très lourds impacts environnementaux.” Le transport aérien développé par la multinationale pour assurer des livraisons en 24 heures est notamment largement pointé du doigt. De plus, lors de l’année 2018, les centres de données auraient consommé 198 TWh, ce qui représente 1% de l’électricité mondiale, plus que la consommation de pays comme la la Pologne ou l’Égypte. Si de base, le e-commerce est censé être une solution plus écologique, il n’est pas certain que ça soit le cas d’Amazon, qui semble ne pas adopter le meilleur comportement.

Des millions de produits neufs détruits chaque année

L’émisson Capital, diffusée par M6, révélait en début d’année que Amazon jetait environ 3 millions de produits neufs tous les ans. Une émission dans laquelle on peut apercevoir le parcours des produits jetés vers des incinérateurs ou des décharges, un véritable désastre écologique dénoncé par l’association "Les Amis de la terre".

La firme américaine est également accusée de ne pas pratiquer la reprise des déchets électriques et électroniques, comme l’oblige le code de l'environnement. Des salariés avaient en effet déclaré, lors d’un reportage de l'émission allemande Frontal 2, avoir détruit des produits retournés par des clients, alors qu’ils étaient en parfait état de marche.

L’environnement, mais pas que...

Si la priorité des manifestants en bloquant le siège et les sites de production Amazon est de dénoncer les pratiques qui nuisent à notre planète, ce ne sont pas les seuls reproches fait à l’encontre du géant américain. C’est également le “modèle consumériste” qui incite les gens à acheter toujours plus tous types d’objets, “un modèle qui casse les commerces de proximité”, “un modèle de société dont on ne veut pas”, comme l’a déclaré Clémentine Autain, députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, au micro de BFM TV.

La politique d’emploi d’Amazon est également pointée du doigt. Selon un rapport de plusieurs ONG, la majorité des personnes travaillant pour la boîte ont des contrats précaires, notamment en intérim, et s’épuisent dans des entrepôts gigantesques. “Pour un emploi créé par Amazon, deux emplois sont détruits”, dénonce le rapport. De son côté, Amazon se défend en estimant créer beaucoup d’emplois dans l’Hexagone depuis plusieurs années : “Nous avons créé 9 300 CDI en France. On sera à 9 300 CDI d'ici la fin 2019. Soit 1 500 en 2017, 2 000 en 2018, 1 800 en 2019”, a récemment déclaré Frédéric Duval, directeur général d'Amazon France, au micro de RTL.

Le rapport indique aussi qu’Amazon dissimule 57% de son chiffre d’affaires réalisé en France, “ce qui lui permet de pratiquer une évasion fiscale massive en déplaçant une grande partie de ses bénéfices vers l’étranger.” Les manifestants ont donc également pour objectif d’inciter les pouvoirs publics à réguler les multinationales comme Amazon, pour qu’elles respectent toutes les règles comme elles devraient le faire.

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