Pourquoi découvrir l'origine du coronavirus est si important et si compliqué

Grégory Rozières
L'hôte du coronavirus était-il une chauve-souris, un serpent, une civette ? La question est cruciale

SANTÉ - Alors que la Chine multiplie les restrictions de plus en plus importantes pour limiter la propagation du nouveau coronavirus qui a déjà tué 17 personnes, les chercheurs du monde entier tentent de comprendre exactement à quoi nous avons affaire.

On sait que l’épidémie a débuté sur un marché de Wuhan où s’échangent des animaux vivants. Le génome du virus, récolté sur des patients, a également été entièrement séquencé. Il s’agit clairement d’une nouvelle forme de coronavirus, baptisé 2019-nCov. Et il est également clair qu’il a été transmis à l’Homme par un animal, encore non identifié, que l’on appelle communément un “réservoir”.

Pour le reste, malheureusement, “on est encore dans le flou”, affirme au HuffPost Sandrine Belouzard, chercheuse au Centre d’infection et d’immunité de Lille. Et si le serpent ou la chauve-souris sont pour l’instant évoqués, ces pistes sont à prendre avec des pincettes.

L’enjeu est pourtant d’importance car “la confirmation de la présence d’un réservoir animal est essentielle pour l’intervention et la prévention de l’épidémie”, expliquent deux chercheurs américains dans une mise au point publiée ce mercredi 22 janvier dans le Journal of medical virology. Pour identifier le parcours du virus et ce réservoir animal, il va donc falloir comparer les virus entre eux.

La chauve-souris originelle

Un exemple tout simple: comme le rapporteWired, les informations à notre disposition montrent que le virus n’a presque pas muté depuis qu’il a contaminé l’Homme. Sur 15 génomes viraux analysés, presque aucune différence n’a été repérée. Cela veut dire que soit le virus s’est propagé vite entre animaux à Wuhan et est passé de la bête à l’Homme à de multiples reprises, soit qu’il y a eu peu d’humains contaminés au départ et qu’il est ensuite très virulent entre humains.

Cette deuxième hypothèse n’est pas celle retenue pour le moment au vu de ce que l’on observe. Mais pour s’en assurer, les données actuelles ne suffisent pas, précise le magazine. Sauf...

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