Pourquoi la crise au Sahel devient explosive

Laurent Ribadeau Dumas

La situation continue à s’aggraver au Sahel, comme le montrent l’attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) du camp militaire d’Indelimane (49 soldats maliens tués) dans le nord-est du Mali, le 1er novembre 2019, et la mort du militaire français Ronan Pointeau, le 2 novembre dans la même région. L’universitaire Christian Bouquet, professeur émérite de géographie politique à l’Université Bordeaux-Montaigne et chercheur au Laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM) à Sciences Po Bordeaux, répond aux questions de franceinfo Afrique.

Franceinfo Afrique : selon "Le Canard enchaîné", le chef d’état-major des armées François Lecointre, interrogé par des députés, a expliqué que l’intervention française au Sahel pourrait encore durer une quinzaine d’années. Comment jugez-vous la situation ?

Christian Bouquet : je suis tout à fait d’accord avec cette analyse. Je suis même encore plus pessimiste. A mon sens il faudrait entre 25 et 30 ans pour pacifier cet immense territoire de 3000 km de long sur 1500 de large. Aujourd’hui, Barkhane, seule force militaire aguerrie dans la région, s’efforce de parer au plus pressé. Mais dès que celle-ci quitte un endroit, la crise repart de plus belle. Il faudrait y aller morceau par morceau. Quand on pacifie une zone, il faudrait y rester pendant que l’Etat reconquiert le territoire en construisant des écoles, en améliorant la situation économique… Ce n’est que comme cela (...)

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