Pourquoi le Congrès américain n’a toujours pas de speaker ?

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ÉTATS-UNIS - La Chambre des représentants va tenter pour la quatrième journée consécutive d’élire son nouveau président, ce vendredi 6 janvier. Elle espère sortir de la paralysie dans laquelle l’ont plongé des dissensions dans les rangs républicains.

Jeudi, le favori Kevin McCarthy n’est toujours pas parvenu à accéder au perchoir après une troisième journée de tractations et onze tours d’une élection qui paraît toujours sans issue, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en haut de l’article. Les débats doivent reprendre vendredi à la mi-journée aux États-Unis. L’élu de Californie a tendu la main à la vingtaine d’élus trumpistes jouant les trouble-fêtes, leur offrant des concessions de taille lors de négociations en coulisses. En vain.

La concession insuffisante de McCarthy

Membres de la frange la plus conservatrice du parti, ces élus trumpistes profitent de la très fine majorité républicaine décrochée aux élections de mi-mandat de novembre pour poser leurs conditions. « Nous devons réparer ce système défectueux », a déclaré l’élu du Montana Matt Rosendale depuis l’hémicycle, exhortant d’autres républicains à se joindre à leur fronde.

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Kevin McCarthy, qui ne peut pas être élu sans leur soutien, a accédé à une de leurs requêtes visant justement à faciliter l’éviction du « speaker ». Mais l’opposition à sa candidature semblait se cristalliser. Le groupe, qui dit n’avoir aucune confiance en lui, refusait toujours de rentrer dans le rang, laissant la Chambre des représentants un jour de plus sans président, un scénario inédit en 160 ans. Une impasse d’autant plus étrange que Kevin McCarthy a reçu le soutien de Donald Trump.

Troisième personnage le plus important de la politique américaine après le président et le vice-président, le « speaker » a besoin d’une majorité de 218 voix pour être élu. Kevin McCarthy plafonnait pour le moment à 201. Ce blocage a des répercussions très concrètes : sans « speaker », les élus ne peuvent pas prêter serment ni donc voter de projet de loi.

« Moins grave » qu’en 1856

Membre de l’état-major républicain depuis plus de dix ans, Kevin McCarthy ne dispose pas pour l’instant de concurrent crédible. Seul le nom du chef de groupe Steve Scalise circule comme possible alternative, sans que ses chances ne semblent sérieuses.

La Chambre continuera à voter jusqu’à ce qu’un président soit élu. Ce qui n’est généralement l’affaire que de quelques heures pourrait s’étendre sur plusieurs semaines : en 1856, les élus du Congrès ne s’étaient accordés qu’au bout de deux mois et 133 tours.

Le président démocrate Joe Biden a qualifié mercredi cette situation d’« embarrassante », assurant que « le reste du monde » suivait de près la pagaille au Congrès.

L’agacement et l’impatience se faisaient aussi sentir dans les rangs du « Grand Old Party », qui soutiennent largement la candidature de Kevin McCarthy, donnant lieu à des débats très animés dans l’hémicycle. Les républicains se trouvent ainsi dans l’incapacité pour le moment d’ouvrir les nombreuses enquêtes qu’ils avaient promises contre Joe Biden.

Rire, pop-corn et applaudissements

Une situation que les démocrates observent avec un certain amusement, entre rires narquois et applaudissements à l’intention de leurs collègues républicains. Le parti de Joe Biden fait bloc autour de la candidature du chef Hakeem Jeffries, mais l’élu ne dispose pas non plus d’assez de voix pour accéder au perchoir.

« J’ai l’espoir aujourd’hui que les républicains arrêteront les chamailleries, la médisance et les coups de poignard dans le dos, afin que nous puissions travailler au service du peuple américain », a appelé M. Jeffries lors d’une conférence de presse jeudi.

Être face à une Chambre hostile, mais désordonnée pourrait se révéler être une aubaine politique pour Joe Biden, s’il confirme son intention de se représenter en 2024, décision qu’il doit annoncer en début d’année.

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