Pourquoi la chaleur nous rend-elle somnolents ?

DANIEL ALLAN / CULTURA CREATIVE / CULTURA CREATIVE VIA AFP

Une envie irrépressible de sieste quand il fait chaud ? Des chercheurs ont découvert un mécanisme cérébral qui l'explique chez la "mouche à fruits" : la fameuse drosophile (Drosophila melanogaster) est programmée pour faire un somme aux alentours de midi.

Chacun aura observé que la chaleur affecte souvent l'appétit, l'activité et le rythme biologique. Et l'être humain n'est pas le seul concerné. Des chercheurs de l'université Northwestern se sont intéressés aux effets de la température extérieure sur le cerveau des mouches drosophiles (Drosophila melanogaster). Leur découverte majeure : les neurones qui reçoivent les informations de température, froide ou chaude, font partie du système qui régule le sommeil, d'après l'étude publiée sur . En 2020, ils avaient identifié un thermomètre cérébral actif uniquement par temps froid. Il favorisait le sommeil matinal et diminuait le temps des siestes l'après-midi. Cette fois-ci, les scientifiques ont mis en évidence un circuit parallèle au précédent mais activé par les températures chaudes. "On savait déjà que les températures élevées perturbaient le sommeil nocturne, mais on vient de découvrir que la chaleur engendre aussi des siestes plus longues dans la journée," résume Marco Gallio, premier auteur de l'étude, pour Sciences et Avenir.

Plus de 4 heures de sieste

La mouche est un animal dit "crépusculaire", c'est-à-dire qu'elle est plus active à l'aube et au crépuscule. La journée-type de la drosophile est donc ponctuée de deux siestes : une le matin et l'autre l'après-midi. A une température de 25°C, idéale pour la mouche, elle se repose 1h dans la matinée, et 2h30 en milieu de journée. Mais sous 30°C, la durée de son sommeil double ! Mais pourquoi ? Il s'agirait d'une protection contre les fortes températures : les animaux ressentent moins la chaleur quand ils dorment. "L'effet de la température sur le sommeil peut être extrême, on pense notamment aux animaux qui hibernent une saison entière, mais les circuits cérébraux spécifiques qui régissent l'interaction entre la température et les centres du sommeil restaient largement inconnus," souligne Marco Gallio.

L'arista, ainsi qu'est désignée la partie supérieure de l'antenne, est le capteur sensoriel principal de la drosophi[...]

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