Pourquoi la campagne des élections européennes est un échec

Théo Verdier
elections europeennes

Le gouvernement a porté en 2018 une réforme du mode d’élection des députés européens français. Organisé dans 8 circonscriptions interrégionales depuis 2004, le scrutin des européennes voit en 2019 le retour à une opposition de listes nationales, composées par les états-majors des partis. 

Alors ministre auprès du ministre de l’Intérieur, Jacqueline Gourault avait présenté la réforme comme un moyen “d’intéresser” les Français et de relancer la participation. Le texte porté par le gouvernement devait permettre “de proposer un débat clair, sur des options nettes”[1]. À la veille du vote, la réforme du mode de scrutin a-t-elle rempli ses objectifs? 

Une campagne devenue bien trop nationale? 

On peut noter que le passage à l’échelle nationale a permis de mettre en scène plusieurs débats télévisés diffusés à heure de grande écoute. Des échanges bienvenus au vu du manque de notoriété des principales têtes de liste et de la difficile visibilité des enjeux européens à la télévision[2]. Cette dynamique nationale a toutefois considérablement effacé le niveau européen de la campagne. La coalition majoritaire au prochain Parlement européen sera formée par les groupes politiques européens, dont les têtes de liste –les Spitzenkandidaten selon le terme consacré– sont totalement absentes du débat public dans l’hexagone. 

Le conservateur Manfred Weber et le socialiste Frans Timmermans, principaux aspirants déclarés à la présidence de la Commission européenne, demeurent inconnus du public en France. Seule France 24 a pris l’initiative de proposer un débat entre les deux hommes, avant un échange plus large entre tous les Spitzenkandidaten, organisé le 15 mai sur la chaîne en continu France Info. Ces deux protagonistes, dont le premier verra Angela Merkel le soutenir lors d’un meeting final organisé en Allemagne, ont pourtant bien plus de poids sur le programme de travail du futur Parlement européen que les candidats français, relativement déconnectés des logiques partisanes...

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