Pourquoi la bataille des votes va bouleverser les travaux de l'Assemblée nationale

Pourquoi la bataille des votes va bouleverser les travaux de l'Assemblée nationale (Photo: via Associated Press)
Pourquoi la bataille des votes va bouleverser les travaux de l'Assemblée nationale (Photo: via Associated Press)

Pourquoi la bataille des votes va bouleverser les travaux de l'Assemblée nationale (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - Déshabiller Pierre pour habiller Paul, illustration. Les troupes d’Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ont subi un premier revers dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13 juillet à l’Assemblée nationale malgré la bataille des votes qui s’est jouée dans les couloirs du Palais Bourbon.

L’examen du projet de loi sanitaire (pour répondre au rebond épidémique de covid-19), le premier texte de cette magistrature, a effectivement été jalonné de multiples tractations et suspensions de séance. Les différents partis ont notamment rameuté leurs députés présents dans les commissions pour qu’ils votent dans l’hémicycle. Le but: faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre sur des articles et amendements clefs.

Une technique, signe de l’équilibre des forces à l’Assemblée nationale, où certains votes peuvent se jouer à une poignée de voix, qui n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement global de la chambre basse du Parlement.

Sincérité du vote

Les deux commissions au travail, mardi soir, pendant les débats houleux dans l’hémicycle, ont eu un peu de mal à avancer sur leurs textes respectifs. La commission des Affaires sociales, qui examinait le projet “pouvoir d’achat” a été interrompue à au moins cinq reprises, selon le récit de plusieurs journalistes, pour permettre aux élus de quitter la salle et d’aller voter sur le projet de loi sanitaire.

“Je crois qu’on a besoin de nous dans l’hémicycle”, a soufflé la présidente (LREM) Fadila Khattabi, lors d’une de ces suspensions de séance, au moment où le gouvernement avait toute les peines du monde à trouver des majorités sur son texte sanitaire.

Des conditions de travail difficiles, parfaitement illustrées par un échange entre Eric Coquerel et Jean-René Cazeneuve au sein de la commission des Finances, elle aussi réunie mardi soir. Le second, rapporteur général, a même demandé en vain à ce que la commission cesse ses travaux “dénaturés” par les allers-retours des députés.

“On a aujourd’hui, je le regrette, de manière visible un conflit avec un texte qui est dans l’hémicycle”, a ainsi résumé l’élu du Gers, évoquant “des problèmes de majorité de part et d’autre qui doivent se jouer à quelques individus”. Une situation qui entache la “sincérité du vote” en commission, selon ses mots, en l’occurrence sur le projet de loi de finances rectificative.

“Il y a quand même un esprit à garder...”, a-t-il pesté, en appelant ses collègues à ne pas “profiter de l’absence des uns et des autres pour voter”, alors que des amendements de l’opposition venaient d’être adoptés. C’est bien là tout le défi de cette nouvelle Assemblée, où chaque vote promet d’être serré dans l’hémicycle comme en commission.

“Le petit problème qu’on va avoir est que la composition de notre Assemblée désormais fait que l’on va se retrouver souvent dans ce cas de figure”, a ainsi répondu Eric Coquerel, le président (LFI-NUPES) de la commission des finances, “enragé” de ne pas pouvoir voter sur la loi sanitaire, “il faut s’y faire, ça va être ainsi avec l’organisation de chacun.”

On va se retrouver souvent dans ce cas de figure (...) il faut s'y faire.Eric Coquerel, président (LFI - NUPES) de la commission des finances

Pour le gouvernement, la soirée a été difficile. Malgré les suspensions de séance et les appels à la mobilisation générale, les marcheurs et leurs alliés ont été mis en minorité à plusieurs reprises pour leur premier texte dans l’hémicycle. Le projet de loi sanitaire se retrouve amputé d’un article-clé sur le possible retour d’un pass anti-Covid pour les entrées dans l’Hexagone.

La faute aux “extrêmes”, selon Olivier Véran. Le porte-parole du gouvernement a évoqué “les travaux en commission qui se déroulaient en parallèle des travaux en séance publique” pour justifier les voix manquantes au sein de la Macronie, au lendemain de ce petit camouflet. “Vous avez très concrètement des députés des extrêmes qui ont quitté les débats en masse en commission pour aller contrer le gouvernement sur la question sanitaire”, a-t-il avancé après le Conseil des ministres. Une soirée chaotique qui en dit long sur les batailles à venir au Palais Bourbon.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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