Pourquoi nos ancêtres consommaient-ils du lait avant de pouvoir le digérer ?

LEONELLO CALVETTI / SCIENCE PHOTO / LCL / Science Photo Library via AFP

Être intolérant au lactose a été un fardeau potentiellement mortel pour nos ancêtres dans les périodes les plus dures comme les famines et épidémies, d'après une étude. Une découverte qui va à l'encontre des hypothèses majoritaires sur les moteurs de la diffusion phénoménale de la capacité à digérer le lait au cours des derniers 5.000 ans.

En 5.000 ans, la capacité à digérer le lait s’est répandue comme une trainée de poudre en Europe, sans que l’on en connaisse bien la raison. Loin de conférer un avantage en soi, comme les scientifiques le supposaient jusqu’à présent, ce serait en réalité le danger que représente la consommation de lait dans certaines circonstances qui aurait contribué à éliminer les individus intolérants au fil du temps. Une nouvelle étude parue dans désigne la famine et les épidémies comme des périodes clés de fragilisation des populations au cours desquelles la capacité à digérer le lait aurait fait la différence entre la vie et la mort.

“Imaginez les populations du Néolithique. Leurs cultures ne produisent plus, c’est la famine”, raconte à Sciences et Avenir Mark Thomas, généticien et spécialiste de l’Evolution, qui a dirigé ces travaux. “La plupart d’entre eux n’ont pas la capacité de digérer le lactose, mais poussés par la faim, ils finissent par consommer du lait... Exactement au moment où ils ne le devraient pas.” Car la capacité à digérer le lactose est génétique, et dépend de la présence ou non d'une enzyme appelée lactase. Sans elle, les intolérants au lactose souffrent de crampes, gaz et diarrhées. Rien de grave donc, sauf en cas d’ingestion d’une forte quantité de lait, ou lorsque l'organisme est déjà fragilisé par la malnutrition sévère... Ou par une infection en cours.

La capacité à digérer le lait confère-t-elle un avantage ?

Les famines et les épidémies sont ainsi les deux principales origines de l’extraordinaire pression de sélection qui aurait causé la diffusion de la capacité génétique à digérer le lactose. Une conclusion qui va à l’encontre de l'hypothèse jusque-là privilégiée, selon laquelle c’était la consommation croissante de lait qui avait causé l’émergence de la lactase chez l’humain.

Cela supposait que la capacité à digérer le lait conférait des avantages importants en termes de survie ou de reproduction”, pointe Mark Thomas. Car seuls des avantages d[...]

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