Pourquoi Adèle Haenel va réduire ses apparitions au cinéma

L'actrice, qui n'a pas tourné depuis qu'elle a quitté avec pertes et fracas la cérémonie des César en février 2020, explique dans la presse italienne ne plus vouloir se consacrer au cinéma.

L'actrice doublement césarisée Adèle Haenel, qui a révélé avoir été agressée sexuellement par le réalisateur Christophe Ruggia à l'adolescence, et a protesté contre le sacre de Roman Polanski aux Césars 2020, a annoncé dans une interview publiée ce week-end dans le journal italien Il Manifesto qu'elle en avait "fini avec le cinéma".

"Je ne travaillerai plus avec des réalisateurs établis, mais seulement avec de nouveaux artistes qui débutent", a indiqué la comédienne récompensée pour ses rôles dans Suzanne (2013) et Les Combattants (2014). "La seule avec qui je pourrais travailler est Céline Sciamma car notre relation va au-delà du travail, mais cela devra être dans un autre système économique."

Adèle Haenel a tourné à deux reprises sous sa direction. La première fois en 2007 dans Naissance des pieuvres et la seconde dans Portrait de la jeune fille en feu (2019), un film qui a fait le tour du monde et a reçu le prix du scénario et la Queer Palm au festival de Cannes 2019, ainsi que le César de la meilleure photographie aux César 2020.

"Il n'y a pas d'espoir"

Adèle Haenel, qui a pris part ces dernières années à de nombreuses manifestations contre les violences faites aux femmes et contre les violences policières, veut s'opposer au capitalisme, système selon elle "sexiste et raciste": "Nous devons le combattre. Car c'est tout un système unique et inégal, qui n'apporte que destruction et violence. Et la lutte doit être collective." Elle veut pour cela s'éloigner des circuits traditionnels de la création:

"Dans l'industrie du cinéma telle qu'elle est aujourd'hui, il n'y a pas d'espoir", développe-t-elle. "On le voit avec les femmes. Ils en utilisent une ou deux pour cacher ce système oppressif. Il y a juste à regarder la sélection cannoise. Ils disent qu'ils luttent contre le sexisme, mais en réalité rien n'a changé. Ceux au pouvoir continuent à nous oppresser. On récompense toujours les violeurs et ils veulent que je me taise? Cela n'arrivera jamais."

"La majorité de mon énergie est désormais consacrée à écouter et aider les victimes d'abus", conclut Adèle Haenel, qui n'a pas de tournage à l'horizon. Contrairement à ce qui avait été indiqué, elle ne participera pas au tournage de L'Empire, nouveau film de Bruno Dumont où elle devait partager l'affiche avec Virginie Efira, Lily-Rose Depp et Fabrice Luchini.

"Un choix de vie"

En 2020, Adèle Haenel avait déjà confié au Financial Times son souhait de ne pas reprendre tout de suite le chemin des plateaux de cinéma: "Je ne veux pas faire 20.000 autres choses. Ce n'est pas un choix de carrière, c'est un choix de vie."

Ses trois derniers films - Le Daim de Quentin Dupieux, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma et Les héros ne meurent jamais d'Aude-Léa Rapin - ont été présentés en avant-première en 2019 au Festival de Cannes. On a depuis pu la voir dans deux documentaires, Regard noir d'Aïssa Maïga et Retour à Reims (Fragments), auquel elle prête sa voix.

Adèle Haenel se consacre désormais au théâtre. Elle jouera prochainement au théâtre des Amandiers la pièce L'Étang de Gisèle Vienne.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Adèle Haenel : l'homme qui avait menacé l'actrice après les César est mort

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