Pourquoi un éventuel embargo de l'UE sur le gaz russe paraît très difficile ?

Pourquoi un éventuel embargo de l'UE sur le gaz russe paraît très difficile ?

L'Union européenne a d’abord interdit le charbon russe. Après plusieurs semaines de négociations difficiles, les 27 ont ensuite frappé le pétrole dans le but de priver Moscou d'une importante source de revenus, nécessaire pour financer sa guerre en Ukraine.

En cas de sanctions supplémentaires l’étape suivante serait, en théorie, un embargo sur le gaz. Mais cette option semble encore plus difficile pour les dirigeants de l’UE.

"Aucun embargo ne peut être imposé en ce qui concerne le gaz", a déclaré le chancelier autrichien Karl Nehammer aux journalistes à l’issue du sommet européen extraordinaire, lundi et mardi à Bruxelles.

L'accord conclu entre les 27 prévoit d’interdire 90 % des importations de pétrole russe d'ici à la fin de l'année, dans le cadre d'un sixième paquet de sanctions.

Il a fallu quatre semaines de négociations tendues pour trouver ce compromis. Plusieurs États membres enclavés, fortement dépendants des importations russes, ont menacé de s’y opposer s'ils n'obtenaient pas de concessions. Ce refus a porté ses fruits puisqu’ils pourront continuer à recevoir du pétrole par oléoduc pendant au moins 18 mois.

Le Portugal, la Belgique et la Hongrie annoncent déjà qu’il n’est pas question d’envisager un embargo sur le gaz russe. Mais là aussi il n’y a pas d’unanimité entre les capitales.

"Je pense que nous devrions aussi sanctionner le gaz", a déclaré lors du sommet le Premier ministre letton Krisjanis Karins.

Son homologue estonienne, Kaja Kallas, a également soutenu publiquement une telle démarche, mais elle reconnaît que la tâche est difficile. "Je pense que le gaz doit faire partie du septième paquet, mais je suis également réaliste, je ne pense pas qu'il y sera", explique-t-elle.

L'approvisionnement russe est important pour les deux pays baltes. La Lettonie reçoit 93 % de son gaz naturel de Russie, selon l'Agence de l'Union européenne pour la coopération des régulateurs de l'énergie. Pour l'Estonie, la part est de 79 %.

La Finlande (100 %), la Bulgarie (79 %), la Hongrie (61 %), l'Autriche (64 %) et l'Allemagne (49 %) dépendent aussi des livraisons russes.

Pourtant, la décision pourrait échapper aux dirigeants européens. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a précisé que "la Russie a interrompu l'approvisionnement (en gaz) de cinq États membres à ce jour, la Finlande, la Bulgarie et la Pologne, mais aussi désormais une entreprise aux Pays-Bas et une entreprise au Danemark."

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