Pourquoi cette étude sur les écrans et les troubles du langage est à prendre avec précaution

Annabel Benhaiem
L'étude compare 167 enfants atteints de troubles primaires du langage et 109 enfants ne présentant aucun trouble de cette espèce.

SCIENCE - Le lien n’est pas la cause. L’étude qui vient de paraître avec grand bruit sur l’exposition des enfants aux écrans le matin et la possible apparition de troubles du langage est à lire avec précaution.

Ces travaux, publiés ce mardi 14 janvier, montrent qu’il existe un lien entre troubles du langage et utilisation des écrans le matin. Mais elle ne permet pas de dire si le fait de regarder un écran entraîne des troubles du langage ou non. On dit qu’il y a une “corrélation”, mais pas de “causalité”. En effet, ces troubles peuvent survenir à cause d’autres éléments.

L’étude en question est parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’agence sanitaire Santé publique France. Elle a été menée à l’Université de Rennes par l’équipe du docteur Manon Collet.

Laquelle équipe établit le fait que les enfants exposés aux écrans (télévision, console de jeux, tablette, smartphone, ordinateur) le matin avant l’école ont trois fois plus de risque d’avoir des troubles du langage. Si en plus, ils discutent “rarement, voire jamais”, du contenu des écrans avec leurs parents, ces enfants multiplient par six leur risque d’avoir des troubles du langage.

“Des modèles statistiques appropriés”

Selon le docteur Collet interrogé par l’AFP, “ce n’est pas le temps passé devant les écrans, en moyenne vingt minutes le matin, mais le moment de la journée qui a un impact. Cela va épuiser leur attention et les rendre moins aptes aux apprentissages”.

L’information est forte. Elle fait la une du Parisien et d’autres journaux, dont Le HuffPost. L’étude est intéressante, mais il faut faire attention à ne pas la surinterpréter. D’autant que le docteur Collet et son équipe ont pris leurs précautions. Elle ont ainsi pris en compte les variables, appelées facteurs confondants, comme l’éducation des parents.

Ainsi, dans le groupe d’enfants qui ont des troubles du langage, 53% des pères n’ont pas eu le baccalauréat, contre 25,7% pour les pères des enfants sans troubles. Chez les mères, c’est 39%...

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