Pour Macron, "la recomposition c'est maintenant"

"La recomposition c'est maintenant", déclare Emmanuel Macron dans une interview publiée samedi par Le Figaro à propos d'une reconfiguration du paysage politique après l'élection présidentielle, dans une formule faisant écho au "changement c'est maintenant" de François Hollande en 2012. /Photo prise le 28 avril 2017/REUTERS/Régis Duvignau

PARIS (Reuters) - "La recomposition c'est maintenant", déclare Emmanuel Macron dans une interview publiée samedi par Le Figaro à propos d'une reconfiguration du paysage politique après l'élection présidentielle, dans une formule faisant écho au "changement c'est maintenant" de François Hollande en 2012.

Pour l'ex-ministre de l'Economie, ce scrutin dont il est le favori conduira après le second tour à une "tripartition" des forces politiques françaises.

Le Front national "démagogue, réactionnaire et xénophobe", sera selon lui le pilier d'un "nouveau pôle anti-européen auquel une partie de la droite classique va immanquablement s'arrimer".

"En face, nous constituons l'autre grande puissance, celle des progressistes, qui va de la social-démocratie jusqu'au gaullisme social", poursuit le candidat d'En Marche !.

La troisième force sera un "pôle protestataire", une gauche "très conservatrice, voire de 'refus'", dit-il, constituée par les partisans du candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Emmanuel Macron estime que s'il gagne le 7 mai face à Marine Le Pen, ce ne sera pas avec 80% des voix, comme Jacques Chirac en 2002 face au père de la dirigeante d'extrême droite, Jean-Marie Le Pen, "parce qu'il n'y aura pas de front républicain".

Il dit vouloir montrer qu'il a entendu la colère des Français, qui ont placé Marine Le Pen au second tour avec plus de 21% de suffrages au premier.

"Ce qui veut dire que, ensuite, sur la nature du gouvernement, du Parlement et les actions que je mène, je ne ferai pas comme si rien ne s'était passé", poursuit-il. "J'ai entendu pendant toute la campagne, et plus encore depuis dimanche dernier, la colère sur l'Europe et l'incompréhension sur la mondialisation ; je vais la prendre en compte."

2018, ANNÉE FASTE POUR LES ENTREPRISES

Emmanuel Macron, qui s'est fixé pour objectif un effort de 60 milliards d'euros sur les dépenses publiques pendant le quinquennat, dit envisager de baisser l'impôt sur le revenu si les hypothèses de croissance et d'économies sont dépassées.

"Si on a du mieux (...) le surplus sera consacré pour moitié à la baisse du déficit et pour l'autre moitié à la baisse de la fiscalité des ménages", dit-il. "A ce moment-là, je privilégierai l'impôt sur le revenu."

Il se dit au demeurant "très prudent" sur l'application du prélèvement à la source, réforme lancée par le gouvernement sortant. "Avant toute chose, dit-il, je veux m'assurer que cela ne représente pas une charge indue pour les employeurs (...) Il faut y aller pas à pas pour ça soit compris par les Français."

Il précise enfin que pour les entreprises, l'année 2018 comptera double en matière de réduction de leurs charges, en raison de la transformation, dès le début du quinquennat, du crédit d'impôt pour l'emploi et la compétitivité (Cice) en baisse de charges pérennes.

En 2018, "elles vont toucher le Cice au titre des exercices précédents et vont en même temps bénéficier de la baisse des charges", explique-t-il. "C'est un élément de relance de court terme mais qui vient au bon moment pour pouvoir accompagner le début des réformes structurelles."

(Emmanuel Jarry)

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