Pour Gaël Faye, la fermeture des librairies nuit à la renommée française

Claire Pian
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LIBRAIRIES - Il faut sauver le livre. Le 30 octobre, dans le cadre du reconfinement national, les librairies ont dû fermer leurs portes. Les professionnels du livre s’organisent pour résister contre ce qu’il pense être une injustice, et la promotion déloyale des plateformes numériques. Et Gaël Faye, lauréat du prix Goncourt des lycéens pour “Petit Pays” en 2016, est du même avis.

Si les syndicats se battent pour que les librairies soient considérées comme des commerces essentiels, le gouvernement n’a pour le moment concédé que la fermeture momentanée des rayons livres dans les grandes surfaces. Pour les libraires, c’est une aberration qui ne fera qu’accélérer la mort de ce commerce, et par extension, du livre papier.

Profondément choqué par cette négligence, le rappeur et écrivain Gaël Faye rejoint les contestataires dans la lutte pour la survie du livre, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article. Selon lui, la décision de maintenir ouvertes les libraires aurait dû être assumée par le gouvernement : “Symboliquement, dire que les librairies resteront ouvertes malgré la crise sanitaire, ça veut tout dire. C’est puissant politiquement de dire des choses comme ça”.

Il cite d’ailleurs les intellectuels Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau dans leur “Manifeste pour les “produits de haute nécessité” : “Les produits de haute nécessité, ce sont les produits de la culture et de la pensée. Et eux aussi doivent rester ouverts”.

Pire encore, l’auteur de “Petit Pays” pense que cette prise de position, à nouveau en défaveur du monde culturel, dégrade la renommée française à l’international : “Ce qui fait que le monde entier rêve de la France, c’est notre culture.”

S’il comprend les craintes des professionnels du livre quant à la crainte de perdre la bataille contre Amazon et les ouvrages numériques, il n’en reste pas moins optimiste quant à l’avenir du livre papier. “L’édition avance avec son temps, il y a maintenant des livres numériques, mais ça ne remplacera jamais un vrai livre. Celui qui prend la poussière et qu’on peut s’offrir sous le manteau”, assure celui qui s’apprête à sortir son nouvel album “Lundi méchant” ce vendredi 6 novembre.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.