Poulidor, jamais maillot jaune mais tellement gilet jaune

Super-Dupont fait cycliste. Si tant est qu'existe un "Français moyen", Raymond Poulidor, mort ce mercredi 13 novembre à l'âge de 83 ans, en était à la fois le héros et l'optimum parmi les figures mythiques du Tour de France.

"Il faisait le lien avec le cyclisme ancré dans les territoires", a très justement résumé un autre deuxième du Tour de France, Romain Bardet, à l'annonce du décès de "Poupou". "Je me souviens de lui sur le Tour mais aussi dans des courses de clochers, à côté des organisateurs. Il représente ce qu'est le vélo, un sport populaire et accessible". Ce "qu'était le vélo", pourrait-on regretter.

Lire aussi Raymond Poulidor : aujourd'hui, "Poupou" est mort

Né dans la Creuse le 15 avril 1936, Poulidor, Raymond, fils de métayers, grandit en travaillant aux champs avant de faire son service militaire en Algérie. En 1960, il signe son premier contrat professionnel avec l'équipe Mercier, formation qu'il ne quittera jamais au fil des dix-huit saisons de sa longue carrière, notamment ponctuée par sept victoires sur le Tour de France, une Vuelta, deux Paris-Nice, une édition de Milan-San Remo et une de la Flèche wallonne.

Poulidor était le champion de la France d'en bas, celle que l'on imagine volontiers, depuis Paris, sur un rond-point en novembre et au bord de la route en juillet, troquant la chasuble fluo pour le bob Cochonou.

Quoi de plus français qu'un héros qui rate avec panache, un héros cyranesque ?

Lire la suite