Le potentiel neuroinvasif du SARS-CoV-2 démontré chez la souris

Julie Kern, Rédactrice scientifique
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Le SARS-CoV-2 provoque majoritairement des symptômes respiratoires, mais pas uniquement. Des atteintes dermatologiques, gastriques ou encore neurologiques ont été identifiées chez les patients atteints de la Covid-19. La capacité des coronavirus à envahir le système nerveux central a été décrite pour d'autres souches comme le SARS-CoV-1 ou le MERS-CoV, mais elle reste encore vivement débattue pour le SARS-CoV-2.

Des traces d'ARN et de protéines virales ont été observées dans plusieurs régions du cerveau, notamment celles situées à proximité du bulbe olfactif, sans démontrer une possible infection des neurones par le SARS-CoV-2. Jusqu'à aujourd'hui.

Une collaboration entre des chercheurs de l'université de Yale et de l'Inserm et de l'AP-HP a mis en évidence ce pouvoir neuroinvasif du SARS-CoV-2 grâce à trois expériences menées in vitro sur des cellules humaines et in vivo chez la souris.

Schéma récapitulatif des expériences menées par les scientifiques. © Song et al., Journal of Experimental Medecine
Schéma récapitulatif des expériences menées par les scientifiques. © Song et al., Journal of Experimental Medecine

Le coronavirus peut infecter et se multiplier dans les neurones

La première expérience, réalisée sur une culture cellulaire de cellules progénitrices de neurones humains en trois dimensions (les cellules ne forment pas une monocouche mais des organoïdes), démontre que le SARS-CoV-2 peut pénétrer dans les neurones humains et détourner leur métabolisme en faveur de leur réplication. Le coronavirus semble utiliser la même porte d'entrée dans les neurones que pour les cellules respiratoires : le récepteur ACE2. Les chercheurs ont incubé leur culture cellulaire avec des anticorps bloquant le récepteur cellulaire. Ce traitement a fortement inhibé l'infection et cette observation faite in vitro a été ensuite confirmée in vivo.

Des souris transgéniques surexprimant le récepteur ACE 2 humain ont été infectées avec le SARS-CoV-2. À sept jours post-infection, le virus a été détecté dans tout le cerveau, à des taux différents, à l'exception du cervelet. Enfin, l'équipe...

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