Post-bac, les pièges des écoles privées

Libération.fr

Face aux incertitudes engendrées par Parcoursup, de nombreux bacheliers se détournent des formations publiques pour poursuivre leurs études. Mais les promesses de certaines écoles sont parfois mensongères et les diplômes pas toujours reconnus.

Ce sont trois copines, croisées peu avant les résultats du bac, à un salon étudiant à Paris. Myriam, Lauryn et Nithusha, 17 et 18 ans, «à la recherche d’un avenir», les bras chargés de brochures sur papier glacé. Acides dans leurs propos : «On nous laisse quel choix ? Personne ne veut de nous dans le public. Alors, c’est soit une formation privée, soit rien.» Aucun de leurs vœux en BTS n’a été satisfait et elles stationnent toujours en bas des listes d’attente à la fac.

C’est un organisateur du salon Studyrama, qui explique sans complexe avoir réservé les trois quarts de ses stands à des écoles privées (management, surtout) pour «présenter aux jeunes la richesse des formations qui ne sont pas répertoriées sur Parcoursup afin qu’ils puissent encore trouver une formation pour la rentrée.»

C’est un enseignant de Seine-et-Marne, dans un lycée de classe moyenne, qui se désole que ses classes ne soient jamais au complet à partir des vacances de printemps : «Il y a toujours un élève absent, en train de passer un entretien dans une boîte à BTS ou une école privée. C’était déjà comme ça l’année dernière. Je crois qu’à force d’entendre que l’université, c’est un carnage avec des taux d’échec énormes, les élèves intègrent que ce n’est pas pour eux.» Sa collègue, en filière technologique, raconte encore comment l’une de ses élèves, qui n’a eu que des «non» à toutes ses demandes de BTS, a reçu dans la foulée des résultats plusieurs coups de téléphone de vendeurs de rêve. En l’espèce, le rêve s’appelle école privée avec promesse de trouver du boulot à la sortie. C’est enfin cette mère de famille qui a passé des heures à décortiquer par le menu les écoles de management «pour que [son] fils sorte de cette spirale du dossier scolaire qui plombe (...)

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