Portugal: le Parlement légalise «la mort médicalement assistée»

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« La mort médicalement assistée » est désormais autorisée au Portugal. Les députés ont majoritairement voté en faveur de la dépénalisation. Le Portugal devient ainsi le quatrième pays d’Europe a l'avoir l’adoptée.

Avec notre correspondante à Lisbonne, Marie-Line Darcy

Le Portugal considère désormais qu’un malade en situation extrêmement grave et ses accompagnants ne sont plus passibles de poursuites judiciaires si elles mettent fin à la vie de cette personne. Le texte qui vient d’être approuvé à la majorité de l’Assemblée nationale met fin à 11 mois de procédure législative sur la question.

Le processus a été marqué par une forte opposition qui avait choisi la voie légale pour s’opposer à la dépénalisation. En effet, l’Église catholique, les associations familiales, caritatives et anti-avortement ont tenté d’organiser un référendum sur la question. Pour cela une pétition a obtenu près de 100 000 signatures contraignant les députés à examiner la demande. Mais elle a finalement été rejetée. Ensuite c’est la pandémie de coronavirus qui a interrompu le législateur.

Reste une étape a franchir : le droit de regard du président de la République. Le catholique Marcelo Rebelo de Sousa pourra promulguer la loi, saisir la Cour constitutionnelle ou bien opposer son droit de veto. Il a 20 jours pour se prononcer.

Les opposants dénoncent une loi indigne

D’abord ce sont les opposants modérés, les centristes du Parti social-démocrate (PSD) qui ont tenté jusqu’au bout d’obtenir un report du vote. Ils estimaient peu adéquat le moment choisi alors que le Portugal est durement frappé par la pandémie de Covid. Leurs arguments n’ont pas été retenus.

Ensuite, on trouve les plus radicaux des opposants : la Fédération portugaise pour la vie (FPV) qui regroupe des associations caritatives, familiales et anti-avortement. Ils estiment que la loi permettra une application systématique de l’euthanasie ouvrant la porte à la création d’une industrie de la mort, transformant les foyers de personnes âgées en lieux privilégiés de la pratique.

L’Église, elle, s’est dite indignée. Elle considère que la loi est un recul culturel sans précédent, une atteinte à la dignité humaine. Quant à la gauche à l’origine de la loi, elle considère que le texte donne toutes les garanties nécessaires a des situations exceptionnelles.