Port du masque en Allemagne: Iéna, ville modèle

Depuis ce lundi 27 avril, le port du masque est obligatoire en Allemagne dans les transports en commun et, dans la plupart des régions, dans les commerces. Une ville allemande avait pris les devants avant tout le monde : Iéna, en Thuringe, a imposé le port d’un masque à ses 110 000 habitants dès le 6 avril.

Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Alexander Kekulé, un des virologues allemands les plus connus, travaille à Iéna. Cet expert a défendu très tôt contre l’avis de certains collègues le port du masque dans l’espace public. Ca n’est donc pas un hasard si sa ville a pris une longueur d’avance. En amont déjà, Iéna avait pris des mesures très strictes pour mettre en quarantaine des personnes rentrant de zones à risque. L’augmentation des infections avait monté en flèche. Mais l’avantage était que les cas de coronavirus ont été bien décelés et isolés.

Pour aller plus loin, la ville a donc décidé à partir du 6 avril d’imposer le port du masque dans les transports en commun, les commerces et au travail. Tout le monde a ressorti ses machines à coudre. « C'est une décision très raisonnable, approuvé Gerda, une habitante. On m'a donné deux patrons gratuitement. J'en ai reçu aussi deux ou trois de quelques amis. J'ai l'impression de faire partie de la lutte contre l'infection. »

Iéna est aussi la seule ville imposant le port du masque pour les enfants à l’école. Et toute personne qui a le nez qui coule n’a pas le droit de travailler. Plus de trois semaines après l'entrée en vigueur de cette mesure, le premier adjoint d’Iéna Christian Gerlitz tire un bilan positif de l’action menée dans sa ville. « Au début, les protestations ont été nombreuses. Mais finalement, cela a été un grand succès. En Allemagne, cela a montré que les réserves sur le port des masques n’étaient pas justifiées. Ces derniers 18 jours, nous avons eu trois nouvelles infections. »  Un bilan qui fait de Iéna une des villes les moins frappées par le coronavirus en Allemagne.