Pompeo visite une colonie israélienne, avant le plateau du Golan

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POMPEO VISITE UNE COLONIE ISRAÉLIENNE, AVANT LE PLATEAU DU GOLAN
POMPEO VISITE UNE COLONIE ISRAÉLIENNE, AVANT LE PLATEAU DU GOLAN

JERUSALEM (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a visité jeudi une colonie israélienne de Cisjordanie avant de se rendre sur le plateau du Golan, marquant ainsi symboliquement deux ruptures majeures de l'administration de Donald Trump avec les politiques passées des Etats-Unis vis-à-vis d'Israël.

Un an après avoir annoncé que Washington ne considérait plus les implantations juives dans les territoires palestiniens occupés comme non conformes au droit international, contrairement à l'ensemble de la communauté internationale, Mike Pompeo s'est rendu dans l'exploitation vinicole de Psagot, une colonie située près de Ramallah, la capitale de facto de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie, a déclaré un responsable du département d'Etat.

Psagot a baptisé un de ses vins du nom du chef de la diplomatie américaine, qui est le premier à se rendre ainsi dans une colonie juive en territoire occupé.

"Cette visite blesse chaque Palestinien, et elle est contraire à toutes les lois internationales", avait déclaré dès mercredi à Reuters la ministre palestinienne du Tourisme, Roula Maayah, après avoir eu vent de ce projet. "Nous espérons que les choses changeront à l'avenir avec le (prochain) gouvernement américain et que les Américains considéreront à nouveau les colonies comme des entités contraires au droit international."

On ignore encore les intentions du président élu Joe Biden envers Israël, mais si les observateurs s'attendent à le voir adopter une approche plus dure sur la question des colonies.

LA CAMPAGNE "BDS" VISÉE PAR WASHINGTON

Mike Pompeo a également annoncé qu'il se rendrait sur le plateau du Golan, pris par Israël à la Syrie lors de la guerre des Six-Jours en 1967, puis annexé par l'Etat hébreu en 1981, une annexion non reconnue par la communauté internationale.

Washington a cependant reconnu l'an dernier la souveraineté revendiquée par Israël sur ce territoire.

"J'aurai la chance de visiter aujourd'hui le plateau du Golan. La reconnaissance de (ce territoire) comme partie d'Israël a été une décision historiquement importante du président Trump, et une simple reconnaissance de la réalité", a déclaré le chef de la diplomatie américaine, qui effectue une tournée au Proche-Orient.

Nabil Abou Roudeineh, porte-parole du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a estimé que cette visite de Pompeo constituait un "partenariat actif dans cette occupation".

Le secrétaire d'Etat américain a parallèlement promis que l'administration encore en place à Washington allait prendre de nouvelles mesures contre les efforts propalestiniens visant à isoler Israël sur les plans économique et diplomatique.

"Je veux que vous sachiez que nous allons prendre immédiatement des mesures pour identifier les organisations qui participent à la campagne haineuse BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) et leur retirer le soutien du gouvernement américain", a déclaré Mike Pompeo au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une rencontre à Jérusalem.

"Nous considérerons que cette campagne mondiale anti-israélienne BDS est antisémite", a-t-il ajouté. Les militants du mouvement BDS contestent cette affirmation.

"Au lieu de combattre le racisme systémique et l'extrémisme de droite aux Etats-Unis, l'administration Trump affaiblit la lutte commune contre le fléau de l'antisémitisme en l'assimilant à une campagne pacifique de boycotts", a estimé Eric Goldstein, directeur de Human Rights Watch pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord.

(Dan Williams, Jeffrey Heller, version française Jean-Stéphane Brosse)