Du polystyrène retrouvé en Antarctique dans l'appareil digestif de minuscules animaux

Inquiétante découverte en Antarctique (Photo : Alessandro Dahan/Getty Images)

La pollution humaine touche décidément toutes les régions du globe, même les plus reculées. C’est ce que révèle une étude menée sur l’Île du Roi-George, au large du continent antarctique.

Inquiétante, la découverte confirme que la dissémination des micro-plastiques est un facteur de pollution issu de l’activité humaine totalement incontrôlable. Dans une étude publiée ce mercredi dans la revue Biology Letters, des scientifiques italiens affirment avoir identifié des résidus de polystyrène dans les intestins de minuscules invertébrés peuplant l’Antarctique, les collemboles.

Précisément, c’est sur l’île du Roi-George, située au large du continent de glace, que la découverte a été faite. Poste avancé des chercheurs pour l’exploration de l’Antarctique, cette île héberge plusieurs stations scientifiques, ainsi que des bases militaires. Une présence humaine qui n’a donc pas tardé à contaminer l’écosystème local.

Des petits arthropodes auscultés par imagerie infrarouge

Dans des conditions climatiques extrêmes, peu d’organismes sont capables de survivre en Antarctique. Les collemboles, petits arthropodes se nourrissant de microalgues et de lichen, sont de ceux-là. C’est justement en analysant certains spécimens trouvé sur un bout de polystyrène expansé recouvert de végétaux que les scientifiques ont repéré les traces de pollution.

Comme l’explique Sud Ouest, les collemboles prélevés “ont été analysés grâce à des techniques d’imagerie infrarouge qui ont permis de détecter ‘sans équivoque’ des traces de polystyrène dans les intestins du petit animal”. Si des résidus de produits industriels humains avaient déjà été trouvés dans différent environnements tout autour du globe, notamment sous l’eau, il s’agit d’une première pour l’écosystème polaire.

“Un nouveau facteur de stress potentiel pour les écosystèmes polaires”

“La contamination terrestre a été largement négligée, estiment ainsi les auteurs de l’étude, cités par Sud Ouest. Le fait que ces arthropodes ingèrent des microplastiques implique que ces matériaux créés par l’homme sont entrés en profondeur dans la chaîne alimentaire des sols.”

“Le plastique est entré dans l’une des chaînes alimentaires terrestres les plus reculées de la planète, ce qui représente un nouveau facteur de stress potentiel pour des écosystèmes polaires qui font déjà face au changement climatique et à l’augmentation des activités humaines”, alertent les scientifiques. Une nouvelle preuve du caractère impitoyablement invasif de la civilisation industrielle...