Les Polonais en quarantaine doivent se prendre en selfie pour prouver qu’ils sont chez eux

Kahn, Samuel
L’application polonaise «La quarantaine à domicile» / WOJTEK RADWANSKI/AFP

Le pays a lancé une application permettant de géolocaliser les personnes rentrant de l’étranger et sommées d’observer une quarantaine.

Drones, géolocalisation, reconnaissance faciale: l’arsenal technologique mis en place par la Chine pour contrer l’avancée du nouveau coronavirus fait des émules. Les télécoms italiens travaillent avec le gouvernement pour détecter les mouvements des personnes infectées. La police de Paris utilise des engins sans pilote pour surveiller les zones interdites d’accès. Et la Pologne propose aux personnes en quarantaine d’installer une application de reconnaissance faciale pour vérifier qu’elles ne quittent pas leur domicile.

Le gouvernement polonais invite ainsi les personnes qui reviennent de l’étranger, et dont les données et le numéro de téléphone sont conservés dans une base de données spéciale, à installer une application mobile appelée «La quarantaine à domicile». Cette dernière utilise les technologies de la géolocalisation et de la reconnaissance faciale pour s’assurer du respect du confinement.

A l’installation de l’application, la personne en quarantaine devra se prendre en photo, qui servira de référence. Par la suite, l’application lui demandera de prendre des selfies, à n’importe quel moment de la journée. Ces photos sont géolocalisées. L’utilisateur de l’application a vingt minutes pour s’exécuter. S’il n’obtempère pas, la police est prévenue et peut lui imposer une amende allant jusqu’à 5000 Złotys, soit 1000 euros.

Reconnaissance faciale en Russie

«L’idée est exactement la même que pour les visites inopinées de policiers», explique le ministre du numérique polonais Marek Zagórski. En effet, l’utilisation de cette application n’est pas obligatoire, mais les personnes qui refusent de l’installer doivent s’attendre à des visites-surprises des forces de l’ordre.

Concernant la sécurité des informations personnelles des utilisateurs, le ministre se veut rassurant: «les données des personnes en quarantaine sont en sécurité. (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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