Pologne: le Tribunal constitutionnel durcit la loi sur l'avortement

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Le Tribunal constitutionnel a tranché pour une limitation presque totale de l’interruption volontaire de grossesse dans le pays. L’avortement en cas de grave malformation du fœtus a été jugé contraire à la Constitution. C’était l’un des trois seuls cas dans lequel il était encore possible en Pologne, pays où la loi sur le sujet est l’une des plus restrictives d’Europe.

Avec notre correspondante à Varsovie, Sarah Bakaloglou

À l’annonce de la décision du Tribunal Constitutionnel, des cris de joie éclatent. Depuis des heures, des militants anti-avortement étaient éunis devant les grilles. Kaja Godek de la fondation Vie et famille, à l’origine d’une pétition citoyenne anti-IVG, est soulagée. « C’est une victoire pour la Pologne mais aussi pour l’Europe, lance-t-elle. Ce qui a été prouvé aujourd’hui, c’est qu’il est possible de renforcer la protection de la vie. »

En Pologne, quasiment tous les avortements légaux concernent des fœtus avec de graves malformations. La décision du Tribunal constitutionnel rend donc de facto presque impossible l’avortement dans le pays.

« Ce pays essaye de me tuer »

« J’ai l’impression que ce pays essaye de me tuer, déplore Natalia Broniarczyk, qui travaille dans une organisation d'aide aux femmes polonaises pour avorter à l’étranger. On sait que déjà, c’est très difficile de se faire avorter en Pologne à cause de nos stupides lois, des médecins, de la stigmatisation. Et demain, ce sera impossible ! Je suis vraiment choquée aujourd’hui. »

Désormais, seuls les avortements à la suite d’un viol, d’un inceste ou en cas de danger pour la santé de la femme sont autorisés dans le pays.

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