De la Bulgarie aux marchés français: un réseau importait des milliers de flacons de faux parfums

·3 min de lecture
Les flacons de parfum contrefaits étaient revendus sur Internet ou sur les marchés. - Police nationale
Les flacons de parfum contrefaits étaient revendus sur Internet ou sur les marchés. - Police nationale

N°5, Coco Mademoiselle, Dior J'adore, Angel, La Petite robe noire, Flower... Chaque jour, des flacons des plus grands parfums étaient vendus sur les marchés un peu partout en France. Une senteur bien connue des habitués, une marque ou un logo identique mais une contenance qui n'existe pas chez les parfumeurs. C'est ce dernier élément qui a intrigué les enquêteurs de la police judiciaire d'Orléans.

Au printemps dernier, les policiers s'intéressent à des annonces publiées sur l'application de vente en ligne de Facebook, MarketPlace. Ces dernières proposent des flacons de 33 ml de 350-400 parfums différents. A chaque fois, les contenants sont identiques, seuls l'étiquette diffère pour chaque vaporisateur. Rapidement, les enquêteurs remontent jusqu'à une famille d'origine marocaine installée à Orléans.

Vente en gros

Le père de 54 ans et son fils de 21 ans faisaient en réalité de la vente en gros. Des commandes pour un minimum de 100 flacons et pouvant aller jusqu'à 5000 flacons, avec des tarifs régressifs. Les deux hommes s'étaient associés à un homme de nationalité turque originaire d'Orléans mais qui s'était installé à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis.

Le réseau importait ces flacons neutres avec leur contenance depuis la Bulgarie ou la Turquie. Ils arrivaient séparément du packaging, permettant ainsi à la marchandise de ne pas être saisie en cas de contrôle par les douanes. Preuve du succès de leur trafic: ils pouvaient passer des commandes d'un montant de 250.000 euros. Les parfums étaient ensuite stockés dans plusieurs entrepôts à Orléans mais aussi à Aubervilliers, Saint-Ouen, Clichy et à Clermont-Ferrand. Car le réseau était en capacité de livrer toutes les régions françaises.

Dans ces entrepôts, d'autres petites mains étiquetaient et empaquetaient les flacons pour les expédier. Acheté un euro dans les pays de l'Est, chaque flacon était revendu entre 2,5 et 3 euros. Les acheteurs revendaient par la suite ces vaporisateurs sur Internet mais surtout sur les marchés. "Ca marchait très bien parce que les parfums ont les vraies fragrances", explique une source proche de l'enquête.

100.000 produits de contrefaçon saisis

Les enquêteurs évaluent à 1,5 million d'euros de bénéfices mis de côté par l'homme basé à Aubervilliers. De l'argent réinvesti dans de l'immobilier en Turquie, son pays d'origine, mais aussi à Dubaï. La famille orléanaise a fait de même avec ses profits au Maroc. Ce trafic rapportait gros puisque le père ne cessait de se vanter auprès de ses proches que son fils gagnait entre 25 et 30.000 euros par semaine.

Une vaste opération policière a été menée conjointement par la police judiciaire d'Orléans et de Clermont-Ferrand mardi dernier. Dix personnes ont été interpellées, neuf ont été présentées à un juge et mises en examen. Lors des perquisitions, les policiers ont saisi 100.000 produits de contrefaçon, des parfums essentiellement mais aussi des vêtements Nike, Adidas, Lacoste ou des sacs de luxe Chanel ou Louis Vuitton. Montant estimé de la marchandise: 1,8 million d'euros.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles