En Pologne, l'icône Jean-Paul II ébréchée par deux enquêtes journalistiques

JANEK SKARZYNSKI / AFP

La communauté catholique polonaise est secouée depuis quelques jours par deux enquêtes journalistiques sorties simultanément, selon lesquelles le futur pape Jean-Paul II aurait caché des crimes pédophiles commis par des prêtres. L'affaire a rapidement pris un tour politique.

De notre correspondant à Varsovie,

Dans son pays natal, l’image de Jean-Paul II est aujourd'hui sérieusement écornée. La faute à deux enquêtes journalistiques sorties en moins d’une semaine. L’une, sur la chaîne de télévision privée TVN24 ; l’autre, dans un livre écrit par le journaliste néerlandais Ekke Overbeek – Maxima Culpa. Jean-Paul II savait. Basées sur des témoignages de victimes et des documents inédits, elles révèlent que le futur pape, alors archevêque de Cracovie, aurait contribué à dissimuler des crimes pédophiles commis par des prêtres, en les changeant de paroisses.

L’Église polonaise – qui a refusé l’accès de ses archives aux journalistes – dénonce quant à elle une attaque médiatico-politique contre les traditions et les valeurs de la religion et de la nation polonaise. Ses propos ont rapidement trouvé un large écho à la chambre basse du Parlement, dominée par le parti Droit et justice (PiS). Qualifiant Jean-Paul II, de « plus grand Polonais de l’histoire et le plus grand des pères de l’indépendance de la Pologne », le parti ultranationaliste et conservateur, au pouvoir depuis 2015, est parti en croisade pour « défendre la mémoire » de l’ancien pape.


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