Pologne: le gouvernement recule sur la révision du droit à l’IVG, mais jusqu’à quand?

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Après des jours de manifestations dans le pays pour le droit à l’avortement, le gouvernement polonais a choisi de ne pas publier la décision du Tribunal Constitutionnel. Ce dernier a interdit l’avortement en cas de grave malformation du fœtus alors que la Pologne a une loi déjà très restrictive sur le sujet. Un recul du gouvernement mais la suite reste encore incertaine.

De notre correspondante à Varsovie, Sarah Bakaloglou

Il y a quelques jours seulement, le Premier ministre polonais demandait la fin de la barbarie des manifestations pour le droit à l’avortement, et le chef du parti ultra-conservateur au pouvoir, Jaroslaw Kaczyński, dénonçait une mobilisation visant à détruire la Pologne.

Mais aujourd’hui, le ton a changé, du moins officiellement. La décision d’interdire l’avortement en cas de grave malformation du fœtus a été suspendue, et l’exécutif cherche une sortie de crise.

Perte de popularité du président

Car le gouvernement ne s’attendait pas à une mobilisation si forte. Et surtout, les enquêtes d’opinion montrent que le parti Droit et justice au pouvoir a perdu dix points de popularité. Le président polonais, Andrzej Duda, n’a lui jamais eu autant de désapprobation dans les sondages depuis son arrivée au pouvoir, et une majorité de Polonais soutiennent la mobilisation actuelle.

Ce qu’il reste à voir, c’est la stratégie que le gouvernement va adopter. Les manifestants refusent tout compromis, et appellent à continuer à descendre dans les rues, tandis que les plus conservateurs du parti au pouvoir et de la coalition veulent eux que la décision du Tribunal constitutionnel soit enfin publiée.